Le patriarcat et la mésempathie : 2 – le sbire et le larbin comme séparation

Quelque soit la couleur de la peau, le comportement sexuel, le sexe, le summum de l’importance pour le sbire ou le larbin est la « pureté ». Le sbire voudra tout en uniforme, le larbin se confondra avec la parfaite concordance à ce qui a été établi par une entité supérieure, l’uniformisation. Attention, cela peut être blanc, noir, ou gris, ou brun : c’est la seule notion de PUR qui importe pour ces gens-là, sbire ou larbin, à laquelle ils se doivent de correspondre pour s’y retrouver (bon… c’est « tautologique, comme dirait Marx du travail, mais c’est une réalité : il leur faut cette image de pur pour souligner la pureté de leurs actes, c’est-à-dire : de ne pas se toucher le gland ou la vulve, tant pour le sbire que pour le larbin, à moins de quelques dissonances qu’on pourrait nommer « pornographiques »), sinon la colère leur monte à la tête et ils se justifient alors de ne pas correspondre à ce à quoi ils ne peuvent pas correspondre par la brutalité envers ce qu’ils ont identifié identique à leur connerie. Ce sont des gens qui se crispent au max parce qu’ils ne peuvent pas admettre qu’ils se trompent sur eux-mêmes. J’y vois encore une preuve à ma thèse selon laquelle plus on ne peut pas l’avoir raide et moins on peut bander, et moins on peut en jouir du plaisir, de sorte que tout ce qui vous montre le plaisir de ce vivre que vous n’acquerrez pas, vous saute à la figure, et intolérant à ce fait qui émane pourtant de vous-mêmes, vous ne pouvez en admettre la présence en autrui qui ne soit pas comme vous : mou. C’est dure de l’avoir molle quand on a face à soi une qui peut à volonté amoureuse devenir effroyablement dure. C’est in-to-lé-ra-ble. Aussi, il ne nous reste plus qu’une solution : tuer, maltraiter, violer, écraser, emprisonner, qui à la matraque, l’autre à coups de lois, l’existence.

Évoquer les dissemblances entre le sbire et le larbin suscite la demande d’en distinguer les contours. J’avais pensé à vous faciliter la tâche en faisant des tableaux ayant en abscisse, une coordonnée, et en axis, une intensité, mais je suis vraiment trop fainéant : je n’ai pas pu… et puis n’y aurait-il pas un surfait dans une telle présentation ? En tout cas, je n’en ai pas fait. Alors, on va procéder à autre chose.

Il s’agit de quoi : il s’agit d’entrevoir un monde qui aurait dépassé le stade patriarcal de la société humaine. Écoutez… si vous ne considérez pas que j’y participe, je comprendrai que vous n’éprouvez pas de plaisir à parcourir ces lignes. Mais, en fait, ce n’est pas grave : je ne changerai pas à moi tout seul le monde, je le sais, et je ne prétends pas détenir la vérité. On ne pourra pas non plus dire que je n’écrits pas par plaisir (ce qui est d’après moi, l’essentiel) et que je ne prouverai pas, par moi-même, ce que j’affirme et désire. Je veux dire : il est évident pour moi que si vous m’approuvez (si vous approuvez que la sexualité satisfaisante est un critère de qualité de la vie qui a été trop longtemps omis et qu’il faut lui donner la vigueur nécessaire pour une déploiement optimal) ma manière de faire (alors que j’ai le droit humain de pouvoir le faire, de me parfaire dans la manière de m’exprimer (et qui ne me permet pas, hélas, de pouvoir toujours me faire entendre)), tout cela ne prend sur moi de devoir supporter toutes ces injonctions, et partant, de me suicider : j’ai le droit de vivre et d’exister, comme tout un chacun (de près comme de loin, cette tolérance doit être « tolérante », sinon elle n’est rien)).

La complexité de loin décelable d’une différence entre un sbire et un larbin, s’évapore à mesure de la chaleur que nous avons de ne vivre plus des mirages. Et de toutes façons, ce n’est qu’une question de forme qu’ils adoptent dans la violence. Le sbire est de cette forme directe et immédiate : l’arme à l’état matériel ; le larbin vous cassera beaucoup plus les couilles et plus longtemps. L’un la chienlit ce sera les coups, l’autre c’est qu’il vous usera à la longue. En conséquence, le reniement à la vie sera différent : le larbin aura renoncé à la vie par la tête, et le sbire par la queue. Leur abord n’utilise pas la même carte. Comme je l’ai dis tout à l’heure, j’aurais bien voulu faire un tableau de leur correspondance (ou leur différence suivant le remplissage du verre), mais j’y ai renoncé, ma pensée ayant adopté un certain pessimisme sur les solutions que je pouvais apporter à l’humanité : elle est trop diverses pour correspondre à tout le monde. Malgré cette unilatéralité, j’attends aussi que tout le monde me corresponde, car je fais parti de la diversité, et même si j’étais le seul, je prouverais par moi-même l’existence de ce bonheur : la diversité. Ce n’est donc pas un sujet aussi complexe qu’il le parait : le double est une source de joie aux communs dieux pareille, car il est formé de deux uniques.

Je sais bien que j’ai un langage peu accessible, car il demande des efforts tels qu’aucun flic ne pourrait le comprendre. Cela répond à ma paranoïa qui repose sur le fait que je suis continuellement fliqué par la publicité, les flics et les quoi d’autres ??? Je m’aperçois tout à coup que je ne m’en étais jamais aperçu : si j’écrits de manière si complexe, c’est parce que les flics sont fainéants ? Non… ils ne sont pas « fainéants » : ils sont rigides, rigidifiés par le rigide et ce qui est le plus rigide selon eux, c’est le rêve de leur queue qui bande de désir pour la femme qu’ils aiment. Pour palier au trac, ils ont la matrique. Je sais qu’un jour ils vont me baiser la gueule, seulement parce qu’il ne me comprennent pas, qu’ils z’entravent que tchic à c’que j’bave. Vous savez… c’est comme dans le livre ôtant d’un air de fiction le gars qui lit un roman révolutionnaire et, de l’avoir lu, tombe dans le camp adverse. Panique abord ! Parce qu’ils ne me comprennent pas, j’ai quelque fois l’impression qu’ils vont me crucifier ! T’imagine? la crucifixion ? Ils en seraient capables, les bougres, le sbire avec son marteau et le larbin avec sa bénédiction ! Hegel a théorisé le maître et l’esclave, étant chacun le pan d’une vallée ; moi, j’ai théorisé sur le sbire et le larbin, comme chacun la calamité de cette vallée (la droite la gauche, comme ils disent). Dans le contexte actuel, cela peut s’indigéner, mais… je n’arrive pas à me défaire de cette maladie qui me fait voir comme tout observé et un brin voyeur à la fois. Et, surtout, c’est que je ne sais pas où j’ai chopé cette manie : culpabiliser de manière pré-antalgique. C’est aussi une idée complexe, mais ne vous fiez pas… elle n’est encore pas si complexe que ça ! C’est quoi le problème ? J’ai peur des flics, des beaux-penseurs, de ceux qui ne vont rien comprendre (ça… c’est bête), j’ai peur de leur prison. J’ai été emprisonné deux semaines, en semi liberté 12/12. Puis j’ai passé une nuit en garde-à-vue, c’est quasiment dégueulasse, une autre fois pareil ; et je connais leur pouvoir.

Mais prétendre que j’écris de cette manière parce que les flics sont cons, c’est un peu faible, non ? Non, j’écris parce que je jouis d’écrire, je jubile à la bonne idée, j’éclate de rire au bon mot, j’aime naviguer entre les rochers, avec ou à l’encontre du courant, avec le vent et mon amusement. Mais j’essaye aussi d’être sérieux, de dire des choses profondes à hauteur d’eau de dix centimètres pour ne pas ME noyer, non… j’écris parce que j’aime écrire, matérialiser mes idées sur un support en me servant de l’écriture, parce que j’y prends plaisir, aussi. Ô combien jalousé-je la puissance d’Isidore Ducasse ! Combien aurais-je (selon ce que j’en ai compris, mais je n’en suis pas si sûr) voulu de filles m’enlacer de leur chaleur à la fois !

J’ai l’impression de soulever une telle charge émotive chez le sbire comme chez le larbin, que je me demande de quelle manière ils vont s’y prendre pour me la retourner, compressée à dix pour un, de sorte que j’en meurs écrasé. Ils ne savent pas que je soulève en eux une telle charge… ils ont perdu leurs émotions, comme peuvent-ils s’en rendre compte ? Comme il faut des sons au mot, il faut des émotions aux charges (dès qu’elles existent, les émotions ont une charge, sinon on ne s’en apercevrait pas). Et avoir une charge sans émotions, sans mots, c’est de la dynamite écervelée. Il se crée une transe où la raison n’a plus de maître ou de dieu et on est à la merci de toutes leurs transgressions. Ils ne comprennent pas leur charge émotive, mais ils savent et sentent qu’elle demande à bouger, à frétiller, peut-être même à baiser. C’est difficilement tolérable, car alors on serait obligé de remettre en cause sa propre dépendance à la liberté muselée. Et conquérir cette liberté « libre » pour la conquérir, l’avoir sous ses mains, palpitante comme un cœur de dragon, impliquerait que vous renonciez totalement au mode de vie que vous aviez jusque là adopté. Je conçois que la décision est difficile à prendre, elle contient comme quelque chose d’irrémédiable en elle. Il faut savoir que la fin de l’aventure est décevante, mais que l’aventure, elle, elle est passionnante.

 

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Le patriarcat et la mésempathie : 1 – le sbire et le larbin comme opérande

La société patriarcale est organisée selon le modèle suivant : il y a d’abord le chef qui délègue une partie de ses pouvoirs parfois à des sous-chefs ; il y a des sbires, avec un sous-chef spécial ; il y a des larbins, eux aussi avec un spécial sous-chef ; et les autres, dont les femmes et les enfants, que cette société cherche à rendre larbins ou sbires ou des riens-sociaux, bons au travail. Je parlerai plus tard du chef pour me consacrer aujourd’hui au sbire et au larbin.

Ils ont chacun la peur spécifique qu’ils retrouvent cachée derrière leur chef. Comme je l’ai déjà dit, le chef sert à cacher la peur de vivre (quand j’emploie ce mot « vivre » je ne l’utilise pas dans leur sens, bien sûr, mais dans quelque chose de beaucoup plus vaste, enivrant et généreux) qu’ils éprouvent chacun à sa manière et en conséquence la manière dont chacun va se protéger de cette peur selon ses prédispositions. Le sbire sera plutôt dans la violence physique, tandis que le larbin sera dans la violence « psychique » en ce sens où le moyen qu’il emploiera relèvera plus des « lois », de la bureaucratie que des fusils et de la tonfa. Mais tous deux, formant des « ordres », obéissent à des ordres. Ce qui distingue le sbire du larbin est la forme de leur violence.

Dans l’usage spécifiques que chacun d’eux fait de la violence, ils sont difficilement interchangeables, chacun ayant sa caractéristique, une sorte d’application de soi à une œuvre plus générale, plus grandiose que eux où s’annihile le sentiment qu’ils ont de leur petitesse. Ils ont vraiment, même lors de massacres, de tortures, d’emprisonnements, l’impression de participer à une œuvre grandiose, dont le chef est la boussolle et leur indique de la voix, en vociférant, la voie de la liberté qui mène à la défense de la patrie, de la famille, du travail, du chef. La gradation du visible des insidieux passe des « chemises brunes » aux anarchistes chez qui, plus on est chef et moins on affirme l’être ; il y a seulement que chacun se revendique, autant larbin que sbire, pour sa cause et que chacun est radieux de pouvoir varié les menus de ses dispositions, en considérant que la calomnie est, dans un milieu guindé ou libertaire, toujours la plus sinueuse.

Ne l’oublions pas, être sbire ou larbin correspond à une tentative de domination des affres éprouvées devant la femme, de la sexualité, et de cette terreur ressentie face à la joie de l’enfant joyeux ; sans s’avouer être empreint de cette peur qui colore pourtant l’ensemble de vos relations sociales. Des petits bonhommes (auxquels se sont mélangés dernièrement, à cause de l’égalité de l’aliénation des sexes, des femmes) bien rangés, en lignes et marchant au pas devant une tribune, ont une disposition caractérielle spécifique, formée de résignation, d’obéissance, d’impuissance et de ces « sentiments » contraires où le clinquant de l’uniforme et des médailles se compense dans le rutile des éclats d’une colère d’être réduits à ces mécaniques. Au cours de tels moments sociaux, on ne verra pas une gamine courir après un gamin ou une autre gamine : ça ferait « désordre » et un solo de batterie porterait des dissonances dans la concordance des pas.

Le larbin est souvent un spectateur puisque c’est le cul posé qu’il sent sa puissance. Mais il court parfois, comme un journaliste ou l’amuseur public. Les journalistes sont de la même famille que les prêtres, imams et autres rabbins, tous tenanciers d’une « bonne parole » qui leur vient (je vous le donne en mille) bien sûr d’en haut, d’un patriarche, ou d’un chef de parti.

Le sbire et le larbin travaillent… oui certes, mais avec quelques avantages, maigres, qui les différencient des autres riens-travailleurs : ils sont du côté du chef, sur le versant de la montée qui mène au chef. C’est important pour le moral. On voit, par exemple, souvent en ce moment, des sbires qui se rebellent contre le chef (en fait, ils essayent de lui faire ressentir la peur de se sentir seul face à la foule) pour obtenir d’autres avantages, c’est-à-dire d’autres impunités dans leur boulot de sbire que des larbins veulent cloisonner dans une rigueur démocratique : ils veulent être autonomes dans leur activité, car eux aussi ont la responsabilité de la bonne marche de cette organisation sociale. Si le chef, par l’intermédiaire des larbins (des lois) leur empêche l’exécution de leur activité telle que eux l’entendent, hébé… ils manifestent un mécontentement et ils font grève ! Grève de la police, pas mal non ? Ils déposent les armes… mais pas trop loin : ils ne se mettront jamais sur le versant des riens-travailleurs, à d’extrêmement rares occasions.

La prérogative du larbin, c’est le texte, tandis que le sbire voudrait fort bien s’en passer pour agir à sa guise. Le larbin c’est la laisse du sbire et c’est la raison pour laquelle le sbire n’aime pas le larbin : ces deux ordres se font une guéguerre larvée laissant des bribes d’arbitrage aux riens-travailleurs. Ces riens-travailleurs sont toujours craints, car ils trouvent aussi à se rebeller, parfois avec une extrême violence, contre les tristes conditions d’existence qui leur est données de vivre. Les dernières statistiques ne les désignent pas précisément, mais de ce tiers qui connait la pauvreté en France, ce ne sont certainement ni les sbires ni les larbins, ni les bourgeois qui leur dispute sans fin le bout de gras.

L’amuseur public a pour fonction de vous faire miroiter la position de sbire ou de larbin comme enviable de sorte à susciter en vous l’espoir de pouvoir, de cette manière (mais vous passerez alors « pratiquement » la barrière de votre classe sociale) vous rapprocher du chef, avec les avantages supposés que cela implique : argent, femmes, voiture, télé, scooter des mers, et j’en passe (d’autres, passant par des chemins plus épineux, choisissent de s’imposer comme chef dans les trafics de substances qui permettent d’oublier vos conditions pénibles d’existence). L’amuseur public est très important, car c’est lui qui vous distrait de ce que vous êtes : des riens-travailleurs devenus des gens importants à leur yeux, ne serait que comme captifs publicitaires, puisque c’est précisément la morale de cette société que vous ingurgitez avec ces délires imaginaires. L’amuseur public le sait et vous le savez, mais vous avez besoin de lui (comme lui de vous mais pas pour la même raison) pour ne pas reconnaître ce que vous êtes dans ce que vous n’êtes pas. Dès que la télé tombe en panne, on baise : en conséquence, bande d’hagards, la télé et ses amuseurs publics fonctionnent pour que vous ne baisiez pas ! C’est un art et c’est pour cela que je n’ai pas voulu de télé chez moi. Le rien-travailleur qui rentre du boulot, hagard déjà de toute cette énergie qu’il a due dépenser pour survivre à son travail (je veux dire le conserver pour le lendemain), imaginez-le sans télé ! La rien-travailleuse, croyez-vous qu’elle désire la cabriole quand elle a sué dans sa culotte toutes les eaux de son supplice, qu’elle a encore la charge des gosses et du linge et de la cuisine ? Non, bien sûr… et l’amuseur public, ce larbin d’images compensateur, dans un carré dont la surface va augmentant son emprise dans la maisonnée à mesure que le son devient quadriphonique, se présentant à vous pour vous distraire de vos souffrances, est accueilli à bras ouverts, bien mieux que dans ceux d’amoureux transis. À la fois, il tient tranquille dans son fauteuil le rien-travailleur et à la fois, finalement, il réussi à faire que la rien-travailleuse, une fois ses tâches accomplies dans les attributions de son lourd devoir, s’achève : lui, il ne la touche pas, elle y trouve du répit. L’habitude aidant, le samedi se dispense de plus en plus souvent de la gaudriole, et le dimanche suit le chemin de l’abstinence, comme le petit bateau de papier tombe dans une bouche d’égout après avoir été balloté par les eaux du caniveau. À mesure que la prostate se durcit, la calvitie se prononce et on se tond le crâne, comme des religieux ; la femme, résignée, se met à grossir, le sucre ne servant plus à rien de véritablement amoureusement dispendieux ou d’envoûtant. Et on oublie que le plaisir sexué a un jour existé en déprimant d’en inculquer l’absence « inévitable » à ses enfants. L’amuseur public fait du bon boulot.

Le médecin est un larbin qui maintient les gens au travail : qu’importe les conditions (la pollution radioactive, chimique, pétrolière, tous les trucs en -icide, le temps de transport, le bruit, les hormones, etc.), il n’a rien à dire sur ce qui vous rend malade… il tente juste de vous empoisonner pour que vous y retourniez. Il y a des chirurgiens qui ne savent rien de la relation entre un organe et le reste du corps (par exemple, des lithiases rénales avec un spasme chronique de l’uretère, des tachycardies avec le nerf vague qui doit être coincé quelque part de vague) : ils tranchent dans le vif dans le sujet et s’étonnent qu’il leur faille revenir six mois plus tard à l’ouvrage. Enfin… ils sont payés à l’opération, tout de même, sans compter leur accointance avec les industries pharmaceutiques. Ils ne connaissent rien des plantes qui nous ont pourtant guéri durant des milliers d’années, ni de ce qui, comme je l’ai dit plus haut, nous rend malade, dans cette vie de riens-travailleurs. Il est peut-être vrai que nous nous sommes endurcis face à ces conditions extrêmes qui vont crescendo et que le pouvoir des plantes qui nous nourrissent et nous oxygènent, sous cette latitude, risque d’être devenu un peu faible. Cette montée en force de l’aliénation environnementale n’en est pas à son apogée (il restera une inertie d’environ 75 à 100 ans si nous cessions aujourd’hui nos malversations à l’encontre de notre lieu de vie) et nous laisse entrevoir des réjouissances encore plus désagréables.

Je parle donc d’une organisation sociale patriarcale dont la base affective est la valeur minéralisée (au lieu d’être restée fluide, l’affectivité s’est coagulée dans des objets). C’est peut-être inhérent à l’être « humain », m’enfin… le résultat n’est pas mirobolant : tout est pourri par cette valeur, absolument tout : le sexe, la sexuation, la sexualité, l’amour, tout. Il faut travailler et en travaillant on perpétue cette organisation. Si on n’est pas d’accord, il n’est pas facile de s’en sortir, puisque TOUT est pourri par la valeur minéralisée.

J’ai émis l’hypothèse selon laquelle la valeur est un affect ; cet affect est lié à la satisfaction amoureuse ; les frustrations amoureuse et sexuelle coagulent la relation au monde par une structure psycho-musculaire qui permet de les supporter : cette structuration se retrouve dans la valeur minéralisée sur laquelle se reporte cette affectivité aliénée. S’en sortir passe par un assouplissement de cette structure, mais cela ne se fera quantitativement jamais en suffisance pour parvenir qu’avec le temps cela se déstructure : ce n’est que nos enfants qui profiteront de nos connaissances en la matière, eux seuls si nous savons les protéger de cette structure. De là l’objet de ce billet qui consiste à décrire cette structure neuro-musculaire : le chef, le sbire et le larbin, et les riens-travailleurs, chacun pour soi et intégré à un ensemble social.

Je ne renie pas que le sbire et le larbin, dans le cadre de cette société, ne soient pas indispensables : ils font régner l’ordre, ok, mais aussi une forme de concorde dans les tâches qu’ils accomplissent, ils arrondissent les angles des disgraciosités patriarcales. Mais ils sont loin de porter secours au désespéré, ils ne font que l’enfermer entre d’autres cloisons qui le laissent aussi seul que seul. Dans cette organisation patriarcale de la société humaine, la femme est le point focal de tous les coups, directement ou indirectement. Les hommes sont parvenus à une telle maturité qu’ils sont traités comme des enfants qui ne devraient pas l’être, comme des femmes à qui ont reproche de ne pas aimer les hommes, ou des hommes qui se griment en femme. Les hommes parlent fort, c’est le sexe fort (alors qu’on sait que celui qui en montre le plus, le montre le plus car il le peut moins… et il le sait) qui compense ce qu’il a perdu et qu’il sait avoir perdu. Ce qu’a perdu l’homme c’est sa tendresse pour la femme, à en devenir malade. Il a peur de perdre, de se perdre et il fait de cette peur son pouvoir. Un psychopathe achevé comme Hitler était un parfait impuissant, il le savait, se droguait pour le compenser, mais il était psychopathe, impuissant. Le besoin qu’il avait de dominer cette carence, relevant de son amour avorté pour sa mère qui ne le lui rendait pas selon ce qu’il en attendait et qu’il ne pouvait avouer – sexuellement – s’est cuirassé avec violence et toute affection est devenu impossible et l’outil de l’affection, l’empathie, est mort dans l’âme. Une cause supérieure s’est alors fait jour, demandant une « pureté » (dès que vous entendez ce mot « pureté », parez-vous du bouclier de la critique impitoyable : à savoir : que veux-tu rendre pur en toi ?) pour alléger sa propre misère de peintre raté et d’amoindri social. Il a suffit de trouver le terreau pour que des sbires et des larbins se mettent tout de suite à sa disposition : ce n’est QUE parce que ces sbires et ces larbins se sont mis à la disposition de ce psychopathe, que ce psychopathe a eu le triste succès qu’on lui a connu. L’indifférence au système qui régit cette société dans sa structure (dénoncée à l’époque pourtant par la psychanalyse, les humanistes et particulièrement par Wilhelm Reich – La Psychologie de masse du fascisme – et l’équipe qui sillonnait les quartiers pauvres pour permettre aux jeunes gens un accès plus aisé à une vie sexuelle satisfaisante) qui a trouvé en ce taré son paroxysme d’autoritarisme, dans la société patriarcale, intolérante à la satisfaction sexuelle, augmentée par la misère économique, a permis à quelques pelés de massacrer l’ensemble du monde. Et aujourd’hui encore, lorsqu’on sait que toutes les dispositions sociales qui avaient été adoptées après guerre en France, voulaient poser que cela ne se reproduise plus et que, malgré ce projet, les conditions reviennent à la charge par une dégradation de ces dispositions, la misère revient au galop, misère économique, affective, sociale (à mesure de la progression des « réseaux sociaux » la solitude a doublé, dans le même temps, passant de 3 à 6 millions de gens en France se disant seuls : sans conversation intime au moins une fois le mois). La religion émergente, l’islamisme n’est pas seulement une religion meurtrière, comme toutes les religions c’est d’abord l’interdit de la satisfaction lié au plaisir sexuel pair, librement consenti et coparticpatif… qui est pour elles l’enfer.

Les sbires et les larbins s’organisent en « ordres » qui les reproduit dans leur forme. On ne reverra pas un psychopathe resurgir pour donner corps à cette structure qui demande à se renouveler : le capitalisme est le petit doigt qui cache le patriarcat en mouvement. Aujourd’hui les sbires et les larbins, chacun pour soi, s’organisent en « ordre », avec un chef ne faisant plus office que d’organisateur, et non pas de führer. Et comme ils savent qu’ils sont complémentaires, ces ordres assaillent de toutes part les prérogatives de la liberté, laissant un champ suffisamment libre à l’autre pour que se matérialise une efficacité générale afin que les riens-travailleurs se voient obligés d’aller au travail.

On nous montre des détails de malversations (les éléments de la nature prenant le pas sur ceux des humains qui sont pourtant la source de leur propre malheur, eux ; comme si ces humains étaient de tout petits enfants que mère-nature maltraiterait, eux qui « maîtrisent » à merveille leur industrie pétrochimique et nucléaire, alimentaire et agricole, etc. !!!) sans fins pour nous détourner du fait que la misère sexuelle, affective et en conséquence sociale, progresse avec la solitude, la pauvreté matérielle, les conditions drastiques de comportements induits du matin au soir, des contraintes qui sont appliquées tout le long du jour à l’être « libre » par excellence : l’humain (rappel : pas la licence, la liberté). Le patriarcat change de forme, il est toujours en mouvement qui suit l’ordre des sbires et des larbins. Il s’agit d’une puissance matérielle, physique et psychique dans la mesure où elle demande une réponse des sujets approbative sous peine de souffrance pire que celles qu’elle provoque immédiatement. Un assassinat (toujours commis par un être perdu, si ce n’est un sbire) n’est pas même un comédon dans l’oreille d’un adolescent, comparé à la personne qui vit en excédent d’énergie que la sexuation permet de se défaire : s’il n’avait pas corporellement (structurellement) intégré l’apprentissage antérieur de ne pas se satisfaire sexuellement, lui-même, par des interdits inculpés par ses tuteurs, il aurait pu tomber amoureux de manière plus simple et plus évidente. Tous les assassinats, on le sait, ont la sexualité malade pour moteur. C’est ce que nous devons réapprendre pour qu’aucun sbire ou larbin ne retrouve dans un « ordre » un ordre pire que ceux qu’ils ont refusé de vivre par eux-mêmes.

Je vais poursuivre en parlant de la spoliation et de la falsification qui s’opèrent par une sorte de sbire et de larbin à la fois, ce qui en fait sa spécificité. Le voleur peut tout voler : une caresse, un baiser, une montre, un moteur, une plante, une roue, un espace, un terrain, une maison, une femme, un enfant, tout peut être objet de spoliation pour un voleur ou un spoliateur. Ce sera le pire de mes articles. Le falsificateur corrompt tout ce qu’il touche, c’est sa manie.

Quand le chef délègue au sbire et au larbin, l’un a besoin de l’appui intellectuel de l’autre et l’autre de l’appui musculeux de l’un, le spoliateur procède des deux à la fois. Le spoliateur est le més-empathique par excellence : c’est au stade suprême qu’il se fout de l’autre, de cette manière que l’on retrouve, par exemple, chez l’homme « politique ». Bien sûr, il y a le voleur des grands et des petits chemins, les « Loups », mais aussi les gens qui vous volent le plaisir de manger de bons légumes même bio, ou de respirer du bon air, de boire de la bonne eau et du bon vin. Seule l’obtention du résultat compte, qu’importe les modalités. On vole un vélo comme on vole le ciel en le striant des rejets des jets. On vous spolie de votre parole, comme on vous dit que le dépôt d’un bulletin de vote est de la démocratie, une fois chaque cinq ans, ou comme on vole un prépuce ou un clitoris pour la vie. Spolier est une manière de faire qui ne retourne d’aucune justification, sinon que celle du spoliateur : spolier. Mais de la même manière que le sbire et le larbin se complète, le voleur trouve son « anti-thèse » dans le gendarme, le flic : c’est un fait d’UNE société, de la société patriarcale.

Le procédé psychique est simple : il faut inférioriser autrui pour se sentir supérieur à lui et se permettre, « en bonne conscience », les malversations qu’on veut lui faire subir. Cette infériorisation est le poison de l’empathie et à la fois, ce qui détermine que cette empathie est malade. Sbire ou larbin, cette empathie est « néantisée » par la fonction que chacun d’eux se donne dans la société… et que cette société promeut et protège. Ce procédé s’apprend, mais il ne s’intègre que si un ressentiment envers autrui se coagule : tant que ce ressentiment reste fluide, l’empathie n’est pas atteinte dans ses fondements. Le contraire la mine. Cela s’apprend et si cela s’apprend, les modalités de son application doivent être détectées de sorte que la coagulation soit évitée ou qu’un antidote à cette coagulation soit mis en œuvre. Il faut reconnaître le système de la « mésempathie », il faut que cela soit l’objet de milliers de pages positives. Seule la méthode du sbire et du larbin est différente, le mode d’application de la mésempathie est dissemblable, mais le but de leurs gesticulations est d’inférioriser autrui pour compenser une perte d’empathie, leur propre perte d’empathie.

L’empathie est un affect grégaire humain, comme la valeur, l’amour, la tristesse, la nostalgie, la colère : elle permet de garder heureusement une cohésion au groupe, tout en le protégeant d’altérations internes. Comme affect, elle a besoin d’expression, que ce soit sous sa propre forme ou sous sa forme contraire (comme la haine pour la colère-amour, la dépression pour la nostalgie-tristesse, etc.) : c’est un besoin physiologique humain (plus généralement « d’animal à sang chaud » vivant en troupeau, car on le trouve chez ces animaux en part assez égale, finalement, mais beaucoup moins puissant que chez nous). On a faim d’expression empathique (ou d’une manifestation contraire par manque) comme d’un fruit. Le sbire ou le larbin (chacun à sa façon) possèderait une empathie sélective, alors qu’il ne possède plus d’empathie, car l’empathie ne peut pas être sélective : lorsqu’on n’aime pas les femmes, on est aussi raciste, anti-ceci et anti-cela, pour reporter au mieux ce qui vous en reste sur une cause pour laquelle on se dit se donner corps et âme, alors qu’on viole celle d’autrui ; ou sur la figure d’un chef. Dès le moment (malheureux) où l’homme a esclavagisé la femme (ce qui ne se peut qu’à des fins sexuelles), dès la naissance du patriarcat, l’empathie a déchu pour se réduire à un lambeau d’elle-même. Nous devons réapprendre à cultiver l’empathie, comme de bons jardiniers et de bonnes jardinières : l’enfant ne doit non seulement pas en perdre un milligramme, mais doit la voir grandir comme un bel arbre ; tous les enfants. Les cas de mésempathie extrême doivent trouver une solution, c’est-à-dire d’abord s’en rendre compte dans les comportements de sbire ou de larbin par laquelle elle se manifeste. Car dès ce moment-là, il a été possible de mettre en esclavage l’enfant, et n’importe qui d’autre, fort de cette « supériorité » de dominer la sexualité de la femme. À mon sens, les prémices existaient pour prendre pour prétexte que la grossesse résulte de l’accouplement, et particulièrement par le viol. Le sachant, il faut faire avec, pour que cela rentre dans les poubelles de l’histoire. L’abolition du patriarcat ne sera possible, certes qu’avec l’annihilation par ses contraires (l’empathie, la bienveillance, le bon-soin, etc.) de ses malversations, mais aussi par l’émergence d’une vie autre. On a déjà défait la trame, reste le fil ! Il est trop long pour que je m’en occupe tout seul… Cette vie aura alors admis la sexualité comme un affect grégaire dont l’expression est aussi indispensable que l’affect qui l’accompagne : l’amour.

Leçon sommaire d’anti-patriarcat

À qui donc je pourrais dire « Je t’aime » ce soir ?

Il faudrait une femme d’un mélange entre Elle, Elle sans sa phobie du sexe mâle, la douceur d’Elle, la fougue d’Elle et un peu de cette revendication féminine d’Elle et du don d’Elle, vaginalement habile comme Elle, aussi voluptueuse qu’Elle… dont l’ensemble m’accepterait pour son homme. Oui, c’est beaucoup, mais dans cette circonstance, on ne pourra jamais douter de ma sincérité.

Je propose un exercice intellectuel : «  La sincérité est-elle divisible ou non ? » Si elle n’est pas divisible, se pose à moi un véritable problème quantitatif ; si c’est oui, je les ai toutes aimées. La troisième hypothèse est que la sincérité est corruptible (ce qui serait très humain, finalement), alors ma réponse est : « Oui, j’ai été par beaucoup frustré, mais le plaisir que j’ai eu de vivre avec elles n’a, sur le plateau de la balance sociale, pas de commune mesure ».

J’ai été éduqué selon quoi les femmes n’aiment pas les hommes, car ils ont une bite, sont violents, intolérants et exigeants ; en plus ils rendent enceinte. J’aurais pu sous-entendre la demande « … comment, dans ces conditions a-t-il pu y avoir du plaisir avec eux ? », je pense même que je l’ai entendu crier de loin. Le « challenge » n’était pas facile à atteindre (le challenge correspondait à trouver le bonheur avec une femme) : le disparate des éléments me permettant de saisir la relation homme-femme (moi-elle, ou moi-toi) de manière évidente, étant dispersés dans des zones dont la relation intrinsèque était déjà compliquée, balafrait de graffitis le visage de la simplicité. Il a fallu que je puise dans à peu près soixante années de recherches, pour me rendre compte que ma mère était vraiment con, mon père encore plus ou au moins, autant, et que la société était complètement à côté des pompes qui chaussent de ses ailes d’Hermes, le bonheur. Jamais, ces personnes ne se sont gratifiées du plaisir qu’on éprouve de s’y adonner, du plaisir qui vous octroie celui de fondre intensément en elles, car elles vous le donnent : vous faites chair d’elles. Et ce bonheur de se marier à autrui du fait qu’il existe et que vous êtes pour le lui donner.

S’il y en a que j’ai plus aimée que d’autres, c’est simplement pour une question de temps : j’ai trouvé parfois trop court l’encours pour trouver un développement autrement guindé que par la pellicule d’une chrysalide. Il y a des femmes qui m’ont donné vraiment le plaisir d’avoir du plaisir d’elles. Même aujourd’hui je suis incapable de dire si oui ou non elles étaient complices, enfin un aujourd’hui d’hier, pas plus ! Mes frustrations se cachent sous le fait que j’adore la chair, mais j’adore aussi quand elle contient une forme de perversion qu’elle reconnaît comme source de plaisir, j’aurais le sentiment, alors, d’avoir une complice.

Le sentiment du plaisir est quelque chose de complexe dont les ramifications convergent vers ce point qu’il faut s’y adonner pour qu’il cesse de se compliquer, pour qu’il achève sa complexité dans sa disparition. À l’encontre de tout ce qu’on me demandait, j’avais décidé de ne pas me défaire de cette aptitude à simplifier les choses parce qu’on cesse de les complexifier. Ce n’est pas reconnu par la psychanalyse, mais il est possible de simplifier le complexe d’Œdipe ou de Jocaste ou du frère de la mère de mon aïeule : Nous vivons dans une société patriarcale, ce qui implique une domination de la femme par l’homme, sexuellement, socialement, affectivement (dans ce cas ce sera par défaut d’affection, bien sûr), de la malveillance à l’enfant et à la sexualité de l’enfance et de moi qui me branle en essayant de rester éveillé au monde… en fait pour ne pas perdre mon éveil au monde. Alors, je me suis beaucoup masturbé (en ces temps lointains, on avait la vaillance de l’âge), mais j’ai eu toujours un problème avec le sperme, l’éjaculât : que fallait-il en faire : sorti, il était là ! et ça laisse des traces… Bien des fois je me trouvais gêné : les filles n’ont pas ce problème sous leur jupes : elle peuvent avoir leur culotte mouillée, que nul ne s’en apercevrait ! Tudieu, impossible de savoir si elles éprouvent les mêmes émotions liquidifiantes que moi… Alors, je suis resté dans le brouillard, longtemps, très longtemps. Je voyais bien pourtant que des femmes m’aimaient pour le? mon? sexe et cela me donnait honte de moi : quoi, tu en es réduit à ne te satisfaire que de ton sexe ? Tout cela me laissait perplexe : quoi ? qui ? quand ? où ? comment ? pourquoi ? Dans un tel état d’isolement, il est difficile de savoir si on est seul ou pas.

Il y a des filles qui m’ont beaucoup aimé, à la folie… je n’ai hélas pas su m’y prendre pour que nous puissions en profiter au mieux, du fait de cette éducation à la noix qui a profilé mes sentiments selon le tréfilage de cette éducation de con, de cette morale à la con, de ce manque de folie à la noix (the Wilhelm Reich’s« core ») : dur comme du bois, sec comme un fond de verre, bruyant comme un tain t’amarre, fuyant comme une savonnette (on dit que les savonnettes sont fuyantes…), corrupteur comme une diarrhée verte, de celles qui vous laisse un acide piquant dans l’anus (c’est pas « savonneux », c’est glissant comme la glaire de la limace ou celle qui entoure les poissons qu’on sort de l’eau).

Admettre que la fille éprouve du désir pour mon sexe me paraissait d’un absolu démentiel, au sens de l’Inquisition qui ne voulait rien comprendre, qui ne comprenait rien et évitait de tout comprendre de ce « rien » à l’orgasme. On fait souvent front à des obstacles très difficile de fonctionnement qui vous laisse peu le pouvoir de vous en sortir. C’est déroutant. On traverse alors un champ d’incertitudes, une forêt de doutes, un bois d’érable, je veux dire, plus sérieusement, de ces remises en cause graves qu’on devait assumer seul et envers contre tous ! Quel cauchemar ! Les cauchemars sont faits pour que ce soit dur de l’avoir dure… encore une fois : comment ce sentiment de l’avoir dure peut-il se transcrire du côté fille ? Je ne l’ai jamais su. L’empirisme ne dit qu’il doit en être ainsi et que cela veut qu’il en soit ainsi, ou vaut mieux qu’il en soit ainsi. Je balance entre ces trois options…

J’ai découvert ce qu’on nomme le plaisir dans la gratitude que j’éprouve pour l’être avec lequel je viens de le partager. Dès lors qu’on se perd dans ce qu’on vit, on ne peut qu’être sincère : cela déculpabilise beaucoup de sentiments et d’âmes. Dès lors qu’on vit ce qu’on vit, on est dans le vrai : la comédie est un faux vrai. Ce qui m’a permis de dorer mes échecs de la couleur des bravoures, et on sait combien elle est diaphane, cette couleur. Il ne m’est pas facile de me résoudre à ceci que j’ai vécu l’ensemble de six dizaines d’années dans ce marasme de me situer en tant qu’homme (et de donner une place à la femme) dans ces amours que j’éprouvais plus ou moins longuement pour des femmes, souvent comme couillon. Les femmes auxquelles j’aspirais n’était pas à ma mesure : avec elles j’ai vécu des éclairs et je ne leur arrivais pas à la cheville. Mais… s’il ne tenait qu’à moi, je saurais leur faire valoir les qualités qu’elles peuvent découvrir avec profit en admettant que je suis aussi liquoreux, finalement. Vraiment, ce n’est pas d’avoir le plaisir court, il m’arrive d’éprouver parfois des émotions si prégnantes que je ne peux plus me retenir, un peu comme si je les aimais trop. Il y a des femmes très fortes de la sensation du vagin, je peux le certifier… et elles ne sont pas pour moi, pauvre branleur que je suis de ma mère toujours accrochée comme un poux à ma sexualité de bambin.

J’ai découvert dernièrement le corps des Africaines : en manière de féminité, les Blanches, vous pouvez vous l’accrocher : La femme aime l’homme. L’homme est con comme un manche, raide comme une guitare de corde, mais il n’a qu’une chose ! sa bite ! Alors l’homme se trouve un peu coincé aux entournures : comment être un mec sans ni l’être ni avoir à l’être ? De me poser la question, je ne peux y répondre de tant de restriction. Je peux imaginer plein de choses qui vous faisaient apparaitre que je vous aime à la folie, mais cela ne correspondrait pas à ce que vous êtes réellement et que je ne connais pas. Vous ne correspondez pas à mes fantasmes, et moi seul, certes, doit en assumer les conséquences, mais j’en serais souvent allégé d’en partager le fardeau. D’autant que je suis près à tenter de comprendre le vôtre (en fait, cela me donnerait ce frisson de me sentir dans votre culotte). Comme je le disais tout à l’heure, le plaisir est quelque chose de complexe, car il doit passer, si on s’y laisse prendre, par l’intellect. Moi, j’écris. Je sais que je peux faire mouiller des culottes et des slips : je connais le désir de chair et j’aime à m’y laisser fondre : quelle joie la complicité !

La femme n’éprouve pas le même sentiment que la jument face à l’étalon quand elle est en chaleur : ça n’a rien à voir. Je n’en détiens pas les preuves mais l’ordre du possible. J’exagère, bien sûr, je fais de l’emphase : le seul outil d’amour, c’est votre bite et qu’elle en soit folle peut effrayer de très courageux. Je pense que c’est le fantasme principal : qu’elles n’en veuillent que pour votre bite : vous éprouveriez une telle honte que beaucoup de choses vous échapperaient. J’éprouve une totale immersion de ce sentiment de peau que j’ai de la femme, de sorte que je ne peux pas rester objectif : quid de vous, quid d’elle, quid d’elle, quid de vous ? Non, une chatte est une chatte et c’est pour vous y rendre, corps et âme en y laissant le jus de la peau. Dans cette expérience d’électricité statique, on frotte le verre de la peau d’un chat et c’est la tige de verre qui attire ! L’expérience de la femme vis-à-vis de l’homme ne laisse aucune ambiguïté : les sexes sont faits pour se mélanger et nous avec.

Pardonnez-nous : nous sommes quand même à la recherche du plaisir, et nous admettons que vous ne le comprenez pas et qu’en somme, nous ne vous correspondrions pas. Certes, nous n’avons qu’un coup, mais le bénéfice doit être pour deux. Il y a quelque chose de judéo-chrétien dans cette équation, mais la disparition du truc date de plus longtemps. Il a commencé dès le moment où on a voulu forcer la femme à s’accoupler. Ce n’est pas que l’accouplement lui déplaise (elle est aussi bien pourvue en la matière que les hommes, ce me semble) mais qu’elle doive se donner à qui elle n’éprouve pas ce plaisir : pourquoi lui imposer ce pour quoi elle est disposée ? J’ai rencontré quelques femmes « froides », qui vous accueillent comme un frigo, avec indifférence. Vous recevrez quand même notre éjaculât ! Pas par peur de nous perdre, mais par plaisir de nous perdre. C’est quelque chose de complexe, encore une fois, mais d’éveillant.

C’est empiriquement que je suis arrivé à la conclusion qu’il y avait un rapport direct et immédiat entre « mon » plaisir et celui de la femme. Au point de refléter le contraire : le plaisir de la femme correspond à celui de l’homme. Oulala… Là, ce n’est plus l’odeur de la crémation, mais du corps du judéo-chrétien. Se faire un parti n’est pas facile… mais je ne comprendrais pas alors pourquoi les femmes sont attirées par les hommes… au point de se « corrompre » ? Là ça m’intéresse. En fait et encore une fois, c’est la morale patriarcale qui nous corrompt à ce point de gangrène. Oui, la femme a besoin du sexe de l’homme pour jouir – du sien – et l’homme en profite ! C’est consensuel.

 

 

Le patriarcat comme terreur

On parle du patriarcat comme d’une organisation sociale des gens. C’est faux : c’est une maladie sexuelle qui trouve dans une organisation sociale (dont le présent capitalisme est une de ses formes en mouvement) les moyens de pouvoir exercer son pouvoir de malade. Plus haut se trouve-t-on dans la hiérarchie de cette organisation de la maladie sexuelle « patriarcat » et plus la maladie sexuelle qu’elle corrobore est forte, plus on est malade. L’inverse n’est pas vrai (cette forme d’organisation aurait alors cessé d’exister) car cette maladie de la relation complémentaire des sexes et des plaisirs qui y sont liés, atteint tout le monde, sous toutes les latitudes et sous des variations dérisoires, sinon que dans l’expression de la violence qui y est liée. Le patriarcat est une organisation sociale qui est la conséquence à la maladie du même nom.

Dans l’absolu, le malade social n’a pas d’emprise sur son environnement, il doit s’agréger d’autres personnes aussi malades, mais dont la maladie ne permet pas une réflexion profonde quant à savoir comment assouvir sa faim de pouvoir. Les gens qui sont en hôpital psychiatrique n’ont pas réussi à s’agréger d’autres personnes : il faut avoir la dose précise de maladie qui permette encore une certaine lucidité sociale, une dose organisationnelle pour atteindre son but : spolier autrui du plaisir de vivre sans souffrance. Au regard de l’importance de l’exécution de ce programme, l’environnement, qu’il soit affectif ou géographique, n’a aucune importance : le malade y est aveugle, ou de cette cécité qui résulte de l’usage de filtres psychiques destinés à ne faire apparaître que ce qui peut mener au but.

Sur cette planète (qu’importe s’il en existe une autre, elle sera si lointaine !), au surplus de sa richesse organique, il y a deux êtres merveilleux : la femme et l’homme. Bien évidemment, pour les désigner sous cette distinction, ces deux merveilles sont dotées d’un sexe et de spécificités sexuelles relatives à ce sexe. Du fait qu’ils sont prévus pour se mélanger, il y a un affect social, l’amour, qui permet cette rencontre selon des critères et des modalités. La maladie du patriarcat est la domination d’un sexe sur l’autre de sorte que l’empathie (l’amour) n’a plus de prérogative dans cette rencontre : cette relation devient obligée, aujourd’hui pour la femme. Cela s’apprend et s’acquiert par l’apprentissage et les coups physiques ou psychiques (tous deux relatifs à l’affection) le plus tôt possible, même avant la naissance. Cette domination se reporte comme généralité sur tout ce que le plus violent (le plus malade) peut atteindre par l’intermédiaire de sbires et de larbins prédisposer à ses malversations pour satisfaire leur désir de pouvoir, en ce sens où ils sont incapables par eux-mêmes de le réaliser, sinon que par le truchement de ce « chef », ce « patriarche ». C’est une organisation sociale spéciale destinée à satisfaire les besoins de cette maladie : dominer autrui, et principalement la femme et l’enfant, sans avoir à donner de soi une contrepartie, surtout affective, car on en a été rendu incapable. Dans cette organisation malade, le chef fait de l’homme un cheval, il est un loup pour la femme et un tigre pour l’enfant.

On peut approcher cette maladie de plusieurs manières : comme un parasite, comme une entrave, comme un détournement d’énergie, comme un blocage, que ne sais-je encore, mais principalement comme une structure mentale et neuro-musculaire ne permettant pas de percevoir le monde (son propre environnement) autrement que par ce que permet d’en percevoir cette structure mentale et neuro-musculaire. La caractéristique fondamentale de cette structure est le réflexe de rigidification de l’organisme à l’émotion qui outrepasse ses capacités à l’accepter ; l’orgasme étant le parangon de cette capacité dans sa plénitude (encore qu’il faille peut-être savoir de ce quoi on parle : trouver chez l’autre sexe une telle présence qu’on ne peut que le gratifier d’en être le partenaire sexué). Tout ce qui touchera cette structure, de près comme de loin, tout ce qui la décrira, sera ou ignoré, ou bafoué (la femme et l’enfant en sont les plus belles manifestations et nous voyons ce qui en est fait), ou écrasé, torturé, violé, tué, par les sbires (directement) ou par les larbins (indirectement). Le patriarcat abhorre ce qui fait fondre de communier avec autrui : pour lui on communie par autrui, jamais d’autrui.

Ainsi, que la domination soit le fait, quelque fois, d’une femme, ne change rien au patriarcat.

Ce qu’on nomme « l’exploitation du capitalisme » décrit une forme du patriarcat en mouvement, dans cette maladie qui change de forme mais ni de fond, ni de fonds. Le patriarcat est né il y a environ 8 mille ans, avec la première esclave : la femme ; les esclaves qui ont suivi correspondant à ses conséquence affectives, psychiques et sociales. Peut-être s’agirait-il plus simplement de l’enfant que les prêtresses de la Déesse-Mère immolaient aux dieux ? Mais, le pli est prit : la désagrégation de l’empathie d’un vivant vis-à-vis d’un autre : cette empathie est alors suffisamment anémié pour que la souffrance d’autrui la surpasse et la laisse indifférente. Il faut une structure corporelle (psychique et neuro-musculaire) pour que cette raideur anesthésie cette empathie dont le plus jeune enfant est doté, innément, avant même le langage, par le signe.

Pour dominer la vie, il faut lui faire peur, lui incruster la peur dans les chairs et dans les os, dans son sang, de sorte qu’elle ne voit plus en vous que ce qui peut la soulager de cette peur, ne serait-ce que parce que vous cessez de l’effrayer ; il faut la terroriser, c’est-à-dire la raidir de manière pré-antalgique. Dès lors, le chef se présente comme le « sauveur », supposer éloigner de ce qui effraie ; et il sera d’autant plus rédempteur, que le mal aura été fait, psychiquement et physiquement, par des larbins et des sbires, comme intermédiaires – ce système ne permet pas de penser que le sauveur est leur maître à moins de renier la satisfaction de ne plus avoir à subir cette souffrance issue de cette rédemption dont il est l’image. Il y a deux faces à la souffrance : le pouvoir de faire souffrir est immédiatement relatif à celui de ne pas souffrir. Le sbire et le larbin sont des outils de cette souffrance sur autrui, dont on est séparé comme notre propre pouvoir est séparé de notre vie de terrorisé ou de torturé. Tous les procédés employés sont ignobles et répugnants, mais comme ils vont suivant le cours de la vie patriarcale (à laquelle on si habitué) et que nul ne connaît autre chose que cette présente vie (sinon qu’une vague intuition qu’il pourrait en être autrement), il y a une acceptation générale de ce système de souffreteux dont l’organisation sociale sait au mieux repousser les limites, en montrant des images de ce qui pourrait être encore pire.

La position sexuelle de la femme est particulière dans la maladie patriarcale. Elle-même y est malade et selon ses spécificités sexuelles. L’une, plus éthérée, sera d’une pudeur extrême, l’autre plus proche de sa chair, deviendra (ou sera montrée comme) une débauchée, à disposition de l’homme et de ce qu’il appelle sa satisfaction qui n’est pas d’orgasme, mais de domination sur autrui. On voit le « cul » de la femme partout, sous toutes les formes, en tous lieux, sur toutes les images, pour le plus petit prétexte marchand. On ne le dira pas aussi crument, bien sûr, pour ne pas choquer les âmes qui ne veulent rien savoir de la satisfaction liée aux organes sexuels, car ils en sont encore moins capables, affectivement, s’entend ; en rêve peut-être, dans la mesure où cela reste permis, encore qu’ils soient visibles partout sous cette forme de « cul ». Dans les formes de « cul » les plus crues, la femme se met (ou est mise) réellement à la disposition de cette « sexualité » masculine, et si, dans ce contexte, elle a bien raison, c’est que c’est la seule manière qui lui est permise d’y avoir accès et d’avoir accès à la sienne, en propre ; au surplus de la fragile possibilité de se refuser selon son affinité. Dans ce cas, son amour personnel est un amour universel pour celui, temporaire, qu’elle a choisit ou a été contrainte de choisir, ou accepté de choisir, pour se disposer à être un « objet » sexuel. Le moteur de la transaction est l’argent – l’objet de l’objet patriarcal –, on le sait ; et incidemment, on voit à quoi sert l’argent : comme moyen de transaction de domination sur autrui, que ce soit par le salariat (la valorisation du temps), la marchandise (la valorisation du fétichisme), le capitalisme (le patriarcat en mouvement comme valeur).

Une structure caractérielle cloisonne une certaine disposition de pouvoir réflexif : cette structure en sera les bornes (les bornes du connu sont aussi celles de l’inconnu). Une structure caractérielle sociale induit une manière sociale (générale) d’admettre ce qu’elle est capable de reproduire : elle-même. On ne verra pas un sbire se remettre en cause la matraque ou le fusil à la main, un larbin comprendre la nocivité de ses actions sur autrui et cesser de la commettre, un patron renoncer à la possibilité de choisir les personnes qui composent son équipe, un banquier voir les obstacles qu’il opère sur le cours de la vie, sinon que pour les peindre à coups de publicité. Personne ne sait faire socialement autrement que selon son intégration sociale ! Individuellement, l’être humain est peut-être génial, mais collectivement, c’est une bourre, une tare, alors qu’il possède au plus haut point les moyens de résoudre ce problème du vivre ensemble : le signe, le langage et l’écriture. Mais cette structure caractérielle obstrue l’accès à autre chose qu’elle-même, et pour « évoluer » plus aisément dans l’espace de sa matière, il lui faudrait s’assouplir, mais principalement, cesser de se transmettre à ses enfants, c’est-à-dire, comme il faut éviter de produire des déchets pour n’avoir pas à les gérer, à ne pas recréer cette structure neuro-musculaire chez l’enfant. On sait que les enfants n’ont que faire, jusque l’âge de 3 ou 4 ans de la couleur de peau, de la forme des uns et des autres, etc. et qu’ils deviennent rigides par la structuration que leur imposent leurs parents ou l’école, de sorte qu’ils acquièrent progressivement une sélectivité dans leur affectation en fonction de critères « moraux » (liés à l’affectivité , comme le fétiche est lié à la marchandise) qui n’ont plus rien de socialisant, mais d’extérieur : ce qui signifie la fin du plaisir issu d’une empathie qui fonctionne à suffisance.

Socialement, affectivement, sexuellement, le patriarcat est une maladie de l’échec comme elle est un échec elle-même : sans fin, les échecs se succèdent les uns aux autres en se présentant comme des solutions (en rêve !), alors qu’il ne s’agit que d’échec : centrales nucléaires ou usines SOVESO, kalachnikov ou tonfa, perturbateurs endocriniens ou truc-icides, mousse polyuréthane ou zovirax, goudronnage de parkings de supermarchés ou bétonisation des terres arables, tétines de biberon ou lait maternel, etc. En fait, tout est pourri, en écartant ce qui est « bio », peut-être. C’est un échec, et on rechigne à s’en apercevoir parce que de l’admettre porterait à des conséquences que LE patriarcat qui les produit, est incapable de concevoir, comprendre et mettre en œuvre. Et cela durera jusqu’à ce que mort s’en suive… ce n’est qu’une question de temps. Comme symptômes du patriarcat, tant que le sbire et le larbin seront de mise (en réalité sous forme de disponibilité débilitée d’affection et de sexualité), la maladie sera présente et représentera l’existence du patriarcat. Au lieu de nous montrer des maniements d’armes dans des films stupides et bruits, on devrait nous montrer les plaisirs de l’acquisition de l’harmonie dans le fait de jouer ensemble de la musique, de la chanter pour que résonnent nos cœurs à cette fonte du chœur de nos âmes ; ou de réaliser selon des dispositions collectives, un ouvrage telle la combite haïtienne. Comme conséquences de la maladie patriarcale, l’action du héros et le héros lui-même, ne nous montrent que l’incapacité de l’humain à régler « collectivement » ses problèmes.

En tant que commandement patriarcal, l’ennemi principal sur lequel nous devons focaliser toute notre attention, est le TRAVAIL. Le patriarcat que le capitalisme cache derrière son petit doigt, nous oblige à n’envisager toute activité inhérente à la vie que sous la forme du TRAVAIL. Le travail tue tout, bouffe tout, rend légitime toutes les malversations contre les gens et l’environnement, la violence des flics et la bêtise des politiques, l’absence absurde d’empathie des riches et la passivité des pauvres vis-à-vis de leur condition…. Le TRAVAIL que dis-je : LE travail !!! On peut se demander si un programme qui a pour leitmotiv « À bas le travail, cré non de diou ! » peut trouver une nuisance humaine quelque part ; et dès lors qu’on se le demande, il doit y avoir une solution pour éviter cette nuisance. Elle s’effectuera toujours par les injonctions d’un chef, que des larbins et des sbires trouvés sur le tas, se feront un plaisir d’exécuter. Ce système souffreteux (patriarcal) doit être écrit en gros sur la façade de notre grange pour éviter que certain deviennent subrepticement plus « égaux que d’autres ».

 

 

 

 

 

 

L’emprise sociale de la petite connerie

Même si seule la moitié de l’humanité adulte détient individuellement une toute parcelle de connerie, c’est à chacun la sienne et elle s’ajoute à celle des autres. Ce qui nous donne un chaos de petites conneries qui pourrissent la vie des uns et des autres. Un gouvernement n’est que le résumé, à un moment donné, de ce chaos de petites conneries incapables de s’auto-percevoir, de se modérer de sorte à vivre autrement qu’en chaos en société.

Généralement, l’inconvénient de cette petite connerie que peut-être la moitié de l’humanité adulte détient, est que cette moitié se compose alors de larbins et de sbires, et que le but du jeu est de devenir un chef de larbins ou de sbires, selon une hiérarchie immédiatement corrélative à ce chaos de petites conneries. Chacun de ces petites conneries obstrue l’environnement social, affectif et sexuel de son détenteur : il devient le centre du monde. Hier soir, sur le fleuve, un bateau particulier passe et s’arrête à 500 mètres : j’entends un qui dit : « On est les rois » et l’autre de répondre « On est tout seul ». Bien sûr, si ils avaient été réellement tout seul, je ne les aurais pas entendus. Mais, l’impression que donnait la nuit et l’éloignement le laissait à penser à ces deux gugus et leur donnait le pouvoir de faire chier leur environnement. Cela répondait certainement à une petite connerie (désir d’être tout seul ? et pourquoi donc ? ; celui d’être roi ? et pourquoi donc ?) qui demandait à se manifester selon les moyens qu’ils détenaient à ce moment là. Mais pour quel résultat ?

J’ai des voisins qui viennent ici en villégiature. Il y a un chemin qui mène à chez eux et à chez moi, le même. Je suis en bout. Hébé, la femme s’est prise de frénésie de « nettoyer » ce chemin fait de rosiers rustiques, de buis, de roseaux et j’en passe et il ne reste plus rien : la nostalgie du trottoir des citadins à la campagne est connue, sauf de eux, apparemment. Mine de rien, ils se sont appropriés de mon environnement pour le rendre à leur manière de voir le monde, alors que j’habite ici depuis des dizaines d’années. Et pas moyen de leur causer à ces gens de la ville ! Ils arrivent, ne savent pas ce qui s’est passé de la semaine en bruit ou autre incommodités, et se mettent à remuer terre et eau en chamboulant tout, avec vacarme.

Devant cette immense quantité de toutes petites conneries, il est impossible de faire quoi que ce soit : ces milliards de tonnes rendent impotent. Les larbins se touchent épaule contre épaule et s’épaulent de manière efficace, durable et avec une solidarité incompréhensible, sachant ce qu’ils sont. La solution est de se dire qu’ils sont des larbins ou des sbires, des militaires chacun à leur manière, qu’ils désirent et affectionnent un ordre, l’ordre, celui dans lequel ils barbotent. On ne peut pas leur en vouloir : « Ils ne savent pas ce qu’ils font », car chacune de ces petites conneries donne à chacun d’eux sa force, son pouvoir existentiel qu’il retrouve dans une hiérarchisation de ce monde de larbins, militaire. Chacun fait parti à un échelon qu’il escompte temporaire, de cette échelle de « valeur » où le plus haut en reçoit plus que le plus bas qui doit en donner en répartition proportionnelle à celui qui est plus haut que lui. Il s’affaisse devant le militaire (un policier, un gendarme, un autre militaire) car il a appris à obéir aux ordre de l’ordre. Et il est heureux de le faire, même si cela lui coûte ce qui lui reste de fierté, puisqu’il fait parti de ce troupeau bien hiérarchisé, avec ses valeurs parfaitement « indéfinies » mais qu’il ressent en lui comme son âme, et lui donne ce goût qu’il a de la vie : trottoir, gueulade, bafouer ce qui est différent de ce que prescrit cet ordre.

Chacune de ces petites conneries sont comme chacune de ces marchandises qui contiennent une spécificité particulière d’empoisonnement : qui les perturbateurs endocriniens, qui les pesticides, qui les fongicides, les insecticides, la radioactivité, etc. Ces insanités sont si nombreuses qu’elles permettent aux industriels de pouvoir continuer à les employer sous un autre nom ou sous un nom qui n’a pas été répertorié, en tenant compte, bien sûr, des autorités de mèche avec ceux qui les emploient. Je n’ai jamais compris pourquoi on remplace de la farine de blé par une autre substance, en laissant à ce qui est créé le même nom. Pourquoi donc, n’aurait-on pas droit à manger du cochon qui a été élevé dans des conditions suédoises, et tué avec intelligence, de sorte à ne pas nous faire manger cette espèce de serpillière insipide dont on sait qu’elle a auparavant souffert mille maux du simple fait d’exister ? Pareil pour les volailles : pourquoi nous fait-on manger cette dégueulasserie ? Quelle est la disposition d’esprit de la personne qui nous met sous le nez affamé cette substance, sinon que sa petite connerie, perso, semblablement généralisée à plus large qu’un petit nombre de sorte à faire une « entente » ? Imaginez la puissance d’une petite connerie dans une « entente » ? Derrière sa petite connerie, il cache sa falsification du monde : ça pourrait être une définition générale de la petite connerie.

Sa propre petite connerie n’est pas vraiment un inconvénient en soi, c’est son développement, sa surenchère et ses « ententes » qui sont véritablement délétères. On nait tous (la moitié d’entre nous, peut-être) avec une petite connerie quelque part : quelque chose qu’on a du mal à saisir et qui nous rend pourtant légèrement asociaux ; on pourrait dire que l’exploitation de la petite connerie que chacun de nous (la moitié seulement !) détient en soi, revient à cette collante méchanceté. La méchanceté, c’est être méchant et être méchant c’est supposé ne pas pouvoir l’être. Ce n’est pas notre petite connerie qui nous rend méchant, mais le fait qu’elle se transforme en méchanceté et qu’on la laisse s’exprimer sous cet aspect social, affectif ou sexuel. Et la méchanceté ne prend pas obligatoirement un chemin direct : la laisser faire alors qu’on s’aperçoit qu’elle est devant vous en train de se manifester, est de la méchanceté indirecte.

Mais le larbin ou le sbire est une sorte de pro de la petite connerie : il en a fait son oxygène, sa tasse de thé et sa joie. Non non… il n’est pas vraiment joyeux, mais comme il est intégré à une « entente », cela lui permet de ne pas en sentir la véritable nocivité… et cela est une grande source de joie, du fait qu’on s’en déresponsabilise. La hiérarchie inhérente à cette « entente » lui donne la possibilité de se décharger de son importance tout en lui donnant une importance plus grande, une sorte de grade ou de gradation de la petite connerie, reconnue par ceux-mêmes qui matérialisent cette « entente ». Une fois déchargée sur une échelle de gradation dont on retrouve le grade sur les épaulettes des « entendus », la petite connerie perd comme de sa substance et acquiert une légitimité reconnue à la fois par cette « entente » et à la fois par le point de gradation de la place qu’on y occupe. Le sous-sbire pourra taper sur autrui qui n’est pas de sa bande parce qu’il en aura reçu l’ordre dont il trouve la légitimité dans un ordre supérieur, et le gradé restera les mains propres, avec pour seule responsabilité d’avoir pris ses responsabilités, comme dit Valls, pour que l’ordre reste bien cadré dans le statu quo. « Vert sur vert : tout est clair ; rouge sur rouge : rien ne bouge ! ».

Le sbire et le larbin ont ceci de commun qu’ils croient en un supérieur dont ils retrouvent la présence dans le haut de leur hiérarchie, ce qui a pour effet de relativiser tout ce qui en est et auquel on doit révérence, pour référencer tout ce qui n’en fait pas partie comme « inférieur » ; c’est un moyen aisé de légitimer (et ainsi de s’en déculpabiliser, au cas où il vous resterait une trace d’empathie générale ou commune) les actions dégradantes exercées sur cet « inférieur », passant par l’injure, allant souvent à la mutilation, ou au moins la maltraitance, ou bien de permettre de s’adonner le cœur léger et certain de la tâche accomplie avec ferveur envers lui par un comportement irrespectueux et violent.

En abordant la défense de l’ordre par le sbire, cela prend un tout aspect que par le militaire… qui est pourtant un sbire. Tout comme on peut se poser la question de savoir pourquoi un éleveur porcin maltraite ainsi ses bêtes qui auront – il le sait ! – ce satané goût de clayette, on peut se demander comment un sbire peut tirer à bout portant un flashball, ou envoyer à tir tendu une grenade de « désenclavement » à 150 m. Il faut un état d’esprit, comme je dis, pour FAIRE ce genre de chose… et je mets sur le compte de la petite connerie, bien mûrie entre « entendus » que la moitié, peut-être, d’entre nous possède, ce genre de comportement d’où on voit, la trônant comme la flamme au bout d’une cheminée de raffinerie, la réflexion exultant de plaisir derrière les lunettes de la méchanceté. Bon… il y a bien une petite culpabilité qui accompagne ces gestes, on le sait aussi, mais le voile de la petite connerie est plus épais qu’on ne le dit, surtout lorsqu’il est cousu d’argent ou d’espoir de gain, ou de maintien de l’ordre établi, celui qui vous paye, vous vêt, vous loge, vous blanchit, vous et votre famille. Tous ne sont pas logés à cette enseigne, seuls le sont ceux qui vont se confronter au peuple mécontent ; les autres, les larbins, n’ont que le salaire. Un sbire s’identifie si fortement à sa tâche qu’il croit que c’est après « lui » qu’on en veut quand on veut la mort de ce système capitaliste qui cache derrière son petit doigt le patriarcat en mouvement.

Ne nous y trompons pas : c’est bien une toute petite connerie qui lui fait croire cela, grossie à démesure dans une « entente » ad hoc dans laquelle notre sbire ou notre larbin a sauté pieds joints pour ne plus avoir à la supporter seul. Car le propre de la petite connerie est de séparer les gens les uns des autres, de sorte qu’il ne leur soit plus possible de résoudre ensemble un problème qui leur échoit de vivre ; comme si cette petite connerie ne possédait que la seule forme de chacun de nous. Les mots manquent parce qu’on refuse d’admettre que la moitié (peut-être) d’entre nous avons quelque part une petite connerie qui, s’additionnant à celle des autres, forme le chaos social, affectif et sexuel. Et ce sont ces « ententes » qui dans leur déploiement cisaillent les mots indispensables à l’honnêteté afin de pouvoir prendre une décision qui ne soit pas mortelle, mortifiante ou seulement invalidante. La petite connerie devrait avoir une alerte hurlante dès lors qu’elle procède par la violence : c’est ici un indice remarquable de sa nocivité : la violence. Un sbire procèdera toujours de la violence directe : on ne peut qu’être violent dès lors qu’on « devient » bête, je veux dire, dès lors qu’on ne comprend pas, pour en refuser l’existence, sa petite connerie qu’on garde bien chaude sur soi, car elle est synonyme de soi ; ce qui est totalement faux : c’est un aspect de soi qu’on voudrait, au contraire, bien vaillamment se défaire ! On le sait ! mais on ne sait pas quoi faire. Le larbin use de la violence indirecte.

Penser que quand on a un « métier », cela vous dispense de toute réflexion sur l’environnement, sur ce qui vous entoure personnellement, en criant à tue-tête « Je travaille, moi ! » (sous-entendant que cela vous donne tous les droits de vie, de mort, de violence, de bruit, d’empoisonnement, etc. sur cet environnement dont je fais parti) est un raccourci qui passe par la petite connerie, la soutient et la renforce. J’insiste sur ce fait, concernant, par exemple, la production alimentaire, que cette petite connerie se « chaotise » (s’agglomère pour se changer en chaos) par une « chaîne » d’irresponsabilités qui va du producteur de la graine (ou du petit) jusqu’à l’emballage qu’on ouvre avant de poser la chose pour la préparer. Il y a une « chaîne » de petites conneries, ce que l’on peut distinguer d’une « entente » à proprement parlé : ici chacun vaque à ses petites affaires, de manière souvent ardue, pénible et débilitante, dont on a accepté la petite connerie comme une manière d’agir allant de soi. La petite connerie par « chaine » est la plus diffuse.

Bien que leur cause soit identique, il y a une différence entre le larbin et le sbire, de même qu’entre un chef de larbins et un chef de sbires. Le chef de larbins est plus politique, le chef de sbires est un chef militarisant. Les présidents portent les deux casquettes : c’est ce pour quoi ils ont tant trimé et jubilent de voir tant de bave que laissent devant eux des langues pendues. Le larbin est un serviteur de l’État (pour schématiser !), un bureaucrate ; le sbire est tout simplement un personnage en arme pour défendre l’État ou la cause d’un état, cela n’a pas tellement d’importance pour lui, du moment où il peut frapper. La mise en action de leur petite connerie, on le comprend, ne passe pas par les mêmes modalités : le stylo et la matraque, la loi et le fusil, l’impôt et la prison, etc. Quand je parle de larbin et de sbire, il va sans dire qu’il leur faut un chef : on ne verra jamais l’un ou l’autre de ces personnages sans chef, petit ou grand. Le chef représente pour eux leur légitimité, la légitimité de leur petite connerie en action, en mouvement, comme je dis. De même, en réciprocité, il n’y aura pas de chef sans un larbin ou un sbire, encore que l’un peut sérieusement se passer de son propre chef pour se mettre au service du chef de l’autre catégorie, en cas de manque. Pour l’un comme pour l’autre, pour le sous-fifre comme pour le chef, il s’agit d’une répartition judicieuse des responsabilités, les uns acceptant de se salir (à l’encre ou au sang) les mains pour les autres, et les autres félicitant les uns qui se salissent les mains pour eux, tout en étant leur « tête pensante », si on veut, car ils ne savent que poser les mots indispensables à la justification de leurs malversations. Un larbin ou un sbire peut être aussi bien un ouvrier, un employé, etc. qui « fait son travail », comme je l’ai dit tout à l’heure, qui utilise sa position pour prendre un pouvoir sur autrui, même idiot.

Le malheur humain réside pour une grande part (disons… la moitié peut-être) dans le déploiement de la petite connerie par le nombre de ses « ententes » ou dans la succession de ses maillons de « chaine ». Est-ce solvable ? C’est difficile de répondre à cette question, car la petite connerie se cultive d’adulte à enfant (et non pas le contraire), et ce sera dans la mesure où on comprendra comment cela se passe que l’on pourra éviter (peut-être) qu’elle se déploie sans sens de l’humour. Selon moi, il y aurait une petite solution. La voici. Lorsqu’une personne se considère lésée en tant qu’élément d’un environnement, elle pourrait faire appel à une autre personne qui irait voir celle qui cause ce désagrément. Cette autre personne pourrait alors faire elle aussi appel à une quatrième : et on s’explique pour trouver une solution, qu’il s’agisse de production porcine, de construction d’une route, ou d’un dingue qui braille son désir de liberté en bafouant celle des autres. En fait… je sais pas… car la plus grosse des conneries, l’emprise de l’argent sur la vie quotidienne des gens, le fétichisme de la valeur, est si ancrée dans les têtes que toute recherche de compromis pour une vie plus « saine » est compromise d’avance à la perte. Le fétichisme de la valeur se manifeste par le désir sans fin de l’acquérir, cette valeur, alors qu’elle ne vaut que ce qu’elle vaut : ce qu’on lui donne à valoir. L’importance de cette valeur est le manque, transformée en son manque : connaissez-vous quelque chose qui vous manque autant que la valeur au point que ce manque vous fasse perdre conscience de votre environnement ?

Heureusement que cette petite connerie n’est présente que chez la moitié de nous, peut-être moins !

Le patriarcat comme aliénation sociale, c’est-à-dire, sexuelle

Il est évident qu’il faut maintenir la sexualité féminine sous le chapeau de la pudeur, sinon l’ensemble du système patriarcal est détruit par ce qu’il nomme « l’orgie ». Si toutes les filles se mettaient, au lieu d’aller travailler, à se prostituer, comme ils disent, c’est-à-dire à copuler contre la valeur que leur accorde l’homme en tant que femme et qu’il paye en argent, la chose du patriarcat, le système dégringole comme un château de cartes.

Cette orgie générale est ce que tout le monde attend, mais que cette pudeur interdit. Cette pudeur est entretenue par la position sociale, tamponnée de religions, de fidélité matrimoniale, etc. Il est certain que cela ne se passera pas ainsi, comme orgie (encore que !), mais ce que je veux dire est qu’en cas d’orgie générale et durable, sans passant sans violence aucune, le patriarcat meurt.

L’interdit de l’autosatisfaction, de la masturbation, dès le plus jeune âge – je parle bien de la possibilité offerte par son corps de se donner du plaisir sans contrainte et sans borne autre que la satisfaction (y en aurait-il une autre, qu’elle serait alors bornée) – rend impotent (incapacite de) l’usage que l’on peut faire se soi dans la relation à autrui dans le même but : la satisfaction sexuelle paire, comme don-partage, comme « communion ». C’est sur ce frein que le patriarcat domine l’ensemble des âmes interdites du plaisir sexuel consentant et consenti. Ainsi, on préfère communier « avec » un Christ que « du » sexe d’autrui, par le sexe d’autrui, communier d’autrui, car alors, cette satisfaction sera éthérée, au loin, avec un animal humain cloué sur une croix, dans l’absolue impossibilité de se toucher les organes génitaux ! De même toutes les représentations de la Vierge nous la montrera les mains bien jointes, comme collées l’une à l’autre, devant le thorax, pas ailleurs, en exemple de « pureté », d’absence de réponse à cette tentation de se faire plaisir avec son sexe. Et les souffrances d’une Thérèse d’Avila, entre autres, répondront mot pour mot à une description de l’orgasme « dans la souffrance »… de ne pouvoir pas l’obtenir par sa communion d’autrui, en chair, en os, en amour. La chair appelle la chair, mais la chair c’est le diable de Paul de Tarse et l’esprit doit faire reculer la chair et ses sensations pourtant si prégnantes, si puissantes, que l’on sait si aisément satisfiables et satisfaisantes, dans l’ombre de l’esprit qui devient alors « saint ». Cette ombre projetée par la lumière sur le corps du délit, se colore des affres de cette chair rebutée et ce rebut devient l’enfer.

Je ne dis pas que la pudeur n’existe pas, je décris celle qui promulgue le patriarcat. L’ordre auquel on doit obéir se situe dans cet espace accoutumé de l’anti-auto-satisfaction qui doit être intériorisée, sinon elle n’est pas ou plus. Pour obéir à un ordre qui ne vous semble pas correct, il faut que la volonté soit accoutumée à obéir à l’incorrect. Et lorsqu’on obéit à un ordre incorrect (transgressant autrui ou soi), la satisfaction trouble qu’on y trouve correspond à celle qu’on éprouve dans l’obéissance qu’on a assimilé pour obéir, quand on évite le pécher. La plus grande question que je me suis toujours posée est relative aux souffrances qu’a fait subir à l’Inquisition, aidée de ses prétextes, et… de ses sbires. Il fallait bien qu’elle corresponde à un état d’esprit chez ces personnes, non pas seulement celles qui ont inventé toutes ces maltraitances et tortures à l’encontre de ceux qui étaient perçu comme différents et la plupart du temps contre les femmes ; mais surtout ceux qui les exécutaient et ils étaient moultement plus nombreux. C’est que leur taux d’obéissance correspondait exactement à l’inverse à leur taux d’autosatisfaction : impossible, nulle et surtout, non-avenue. Le sadisme est l’exacte mesure de l’insatisfaction sexuelle, même chez les CRS, Sade nous l’a bien montré. Il sera donc d’autant plus facile d’obéir à un ordre vous demandant de maltraiter autrui que votre propre volonté a été accoutumée à obéir à l’absence de satisfaction sexuée. Cela le patriarcat le sait, le pratique, le veut et l’exige.

Je vais donner des exemples :
– Comment un paysan peut-il obéir aux exigences de la marchandise lorsque celle-ci lui demande d’empoisonner les gens ; qu’est-ce qui fait qu’il ne veut pas s’en rendre compte, ou ne s’en rend pas compte ?
– Comment un éleveur peut-il élever des porcs (cet animal si délicieux et si généreux) dans les conditions telles qu’il en devient immangeable à moins de s’empoissonner, et surtout, de le faire souffrir d’exister (comme le patriarcat fait souffrir l’enfant et la femme d’exister) dans l’adoption de mode d’élevage digne de l’Inquisition ?
– Comment un viticulteur ne pense-t-il pas que tous les produits « phytosanitaires » qu’il épand sur ses vignes ne peuvent pas ne pas imprégner le vin qu’il va produire ? Et comment ne pense-t-il pas qu’en pourrissant du même coup les organismes de la terre qui nourrissent sa vigne par ces mêmes produits « phytosanitaires », ne se retrouveront pas (comme les déchets des centrales nucléaires, mais moins longtemps quand même) des dizaines d’années plus tard dans ce même sol de culture, après avoir tout tué, mais aussi bien dans les nappes phréatiques ? De sorte qu’il comprenne qu’il lui faut cesser de les utiliser ? Il a peur de perdre de l’argent en passant au « bio » ?
– Puisqu’on parle de centrales nucléaires : Comment un ingénieur peut-il penser que les déchets de ces centrales posent un véritable et grave problème de sorte à, D’ABORD, régler ce problème avant d’entamer toute autre démarche de construction ? Il faut être con, non de non ! Et il continue d’en construire, le con !
– Comment un marin pêcheur peut-il être toujours content d’aller à la pêche, lorsqu’en 20 ans, il a dû tripler la longueur de ses filets pour ramener à terre moins de poissons ? alors qu’il a dû tripler la profondeur de sa pêche pour ramener des gailles qu’il rejette à la mer ? alors qu’il pêche « en bœuf » pour être certain de capturer un maximum de poissons pélagiques ? Entre le continent et l’île d’Yeu, il n’y a plus de poissons ! plus un bar d’un poids d’un kilo, plus d’araignées, plus rien !
– Comment un bureaucrate peut-il obéir à une circulaire qu’il sait pertinemment liberticide, infamante ou affamante ? Comment un bureaucrate de la Commission européenne peut-il faire des copier-coller de textes de Mosanto sur le glyphosate ? Comment un président de république peut-il commuer des lois qui misérabilisent les gens en faveur des « patrons » qui ont déjà reçu des dizaines de milliards en subventions, promesses d’embauche et le reste, pour les soustraire aux salaires différés que sont les « cotisations sociales », anticipant sur la maladie, la retraite à un âge où on peut encore jouir de la vie sans canne médicamenteuse, ou autre prothèse en titane ? Et comment les gens acceptent-ils de telles conditions futures ?

La réponse générale à ces quelques questions est la soumission à l’ordre établi, l’abstinence du plaisir sexué intégrée à un point tel qu’elle devient « pudeur », de sorte que rien ne jaillisse de manière volontaire pour bousculer le statu quo du patriarcat. Et cette « soumission » répond bien à ce taux d’obéissance immédiatement relatif à cette absence de puissance dans la satisfaction sexuée apprise par la désapprobation affective dès le plus jeune âge. Et pour cause ? Cette pudeur qui revient à ne pas défendre son pouvoir de jouir de la vie, bec et ongles, sans maltraitance et sans en imposer. Dans notre contexte de relation à l’argent, qu’une femme gagne 50 euros par journée de 10 heures à distribuer des conneries dans la rue, comparé au prix d’une fellation d’un quart d’heure qu’un homme est prêt à lui proposer qui revient au double, en dit beaucoup sur la puissance de cette pudeur, de cet argent sur le pouvoir de la femme et comme pouvoir sur la femme, du pouvoir du patriarcat sur sa sexualité quand son reniement prouve le TRAVAIL.

La différence dans la prostitution, c’est qu’il s’agit immédiatement de l’usage que l’on fait de sa sexualité à des fins d’argent, alors que dans le salariat, il s’agit de son non-usage : on reste « pur » sur soi quand les intentions sont les mêmes (on le sait du salariat féminin). À ceci près qu’entre hommes, il n’y a pas d’exploitation sexuelle possible, sinon qu’anale : les gros babars du rap nous montrent toujours des gonzesses, pas des mecs ; pour les mecs, c’est le muscle, le militaire ! ils s’occupent de mater les gonzesses et de les mener à la prostitution salariée.

La morale chrétienne nous fait honnir le lupanar, le pandémonium, l’orgie : cette morale est issue d’une religion patriarcale, comme l’islam, le judaïsme, et bien d’autres religions polythéistes. L’homme doit rester maître de l’usage que fait la femme de son sexe et du plaisir qu’elle en retire. Cette domination s’est longtemps appuyée sur un levier « économique », par sa mise en tutelle patriarcale puis maritale comme base sociale. Elle a été mal nourrie, maltraitée, violentée et violée, dépréciée, claquemurée, cachée, épuisée par le TRAVAIL (qu’il soit l’activité tournant autour du quotidien ou en relation avec la parturition, les soins et l’éducation de l’enfance, etc.), dénigrée en tant que femme, à cause de son sexe, de sa sexualité, de son être (sans vouloir la réduire à ce seul aspect de la vie, bien sûr). La Bible a fait d’elle la cause du malheur du monde, comme toutes les religions patriarcales. J’ai trouvé que deux contes qui valorisent la femme : la naissance de l’humanité chez les Trobriandais et la régulation du jour et de la nuit chez les Tahitiens. Partout dans le monde, la femme est infériorisée par l’homme, du simple fait qu’elle est une femme, détentrice de son sexe qui en fait la spécificité, source d’horreur pour cet homme qui ne désire pourtant que de s’y perdre ! mais il semble que la force de ce désir soit si puissant qu’il le dépasse et craint de s’y perdre vraiment, l’idiot.

Parler de « sexisme », c’est parler d’une seule molécule perturbatrice endocrinienne, sans la considérer dans l’ensemble des molécules auxquelles on a accès et qui sont bien nombreuses… ce qu’on appelle l’effet multiplicateur d’un « cocktail endocrinien » qui est omniprésent. C’est l’organisation sociale, dans sa globalité qui est « sexiste » et rien ne pourra être fait sans remettre en cause la sexualité patriarcale. Tant que la sexualité restera, soit-disant, dans la sphère privée, elle sera séparée de la vie publique, de cette vie que nous vivons ensemble, publique, là où cette sexualité transpire de tous les pores, de toutes les peaux ; c’est elle qui conditionne notre esthétique (regardons ces beaux bétons armés, ces goudrons, ces pauvres arbres, cette pollution pétrolienne, la publicité, la marchandise, l’éducation des enfants, etc.) et nos relations SOCIALES, le salariat, le TRAVAIL, la valeur dans la possession d’objet (la femme est l’objet de la valeur). On sait que toutes les maladies « psychiatriques » qui ne sont que des maladies affectives, ont pour initiale une perturbation sexuelle (l’affectivité est alors sexuée) qui se prolonge jusqu’à la maladie sociale. On en guérira pas en un jour, loin de là, mais en protégeant l’enfance de ces altérations débilitantes, on peut grossir l’espoir qu’en l’espace de deux générations, le monde ait changé. Se défaire de l’usage salarié du temps pour le remplacer par du non ennui n’est pas chose facile, n’est-ce pas ?

Le dur mou du patriarcat

Le patriarcat est une calamité sexuelle, c’est-à-dire, affective et sociale. Ne pas le dire, est une calamité qui s’y ajoute.

Dans sa critique du travail, Karl Marx n’a fait qu’aborder l’exploitation de ce qu’il nomme « la force de travail » de l’individu. Le patriarcat fera d’abord en sorte que cet individu cesse d’être un être social, grégaire, sinon que selon ses propres besoins de sorte qu’il ne soit plus autrement possible à cet individu que de TRAVAILLER : le patriarcat dissocie l’individu du groupe pour qu’il soit impossible à l’individu de ne pas passer par sa case « travail ». Autrement dit, j’émets l’hypothèse, avec laquelle tout le monde est d’accord de comprendre qu’elle n’est pas une éventualité mais une réalité : que l’individu cesse de l’être en communiant du groupe et réciproquement, le travail patriarcal n’existerait pas.

Mais pour qu’existe ce « travail », cette occupation du temps et de l’énergie vitale doit être transformée en « force de travail » (comme l’admettent les marxiens par la constatation des équivalences de valeur et de sa croissance, de ce temps). Pour que ce travail se transforme en valeur – cette valeur qui a une emprise telle sur tout que tout en est imprégné – il faut que cette valeur détienne quelque chose de vital. J’ai tenté de démontrer que la valeur est une spécificité humaine, un affect, c’est-à-dire un outil propre à l’humain pour cette fameuse communion entre l’individu et le groupe : la valeur est un outil de la grégarité ; la valeur c’est l’humanisation de l’objet.

Mais pour que cette valeur se transforme à ce point en une nuisance, il faut aussi transformer la sexualité, l’affect par excellence, de sorte qu’elle devienne une nuisance. Tout le monde sait, du catho le plus catho (celui qui avilit la femme en la dénonçant comme l’origine du malheur du monde) au pornographe le plus pornographe (celui qui avilit l’amour qu’éprouve la femme pour le sexe de l’homme), que l’argent, la valeur sous forme de pouvoir, ne sert qu’à acheter la sexualité de la femme, je veux dire qu’à se procurer de la sexualité de femme selon les vues qu’en a le patriarcat. Pour cela il faut d’abord que la sexualité de la femme soit transformée de telle sorte qu’il puise en être ainsi : c’est LÀ que réside la force du patriarcat : sa valeur (la transformation de la qualité d’humain contenu dans l’objet en quantité mesurable par un autre objet) est un outil de pouvoir.

Sigmund Freud a commencé la sape de cette forme de sexualité imposée à la femme. Personne n’a, jusqu’à aujourd’hui, dépassé Wilhelm Reich dans cette critique du fondement du patriarcat : l’usage de la sexualité à des fins de transformation de l’affect valeur en pouvoir sur autrui (c’est pourtant le Wilhelm Reich de la psychanalyse !). Le pouvoir que procure l’argent (la valeur sous forme de pouvoir concret sur autrui à travers un même affect porté sur cet objet par un autre objet destiné à cet usage) n’est que le pouvoir de la sexualité de l’homme sur celle de la femme ; tout le reste est de la décoration plus ou moins douloureuse de cette vie calamiteuse. La valeur princeps du patriarcat est ce qu’il abhorre le plus : la sexualité de la femme, son sexe et l’usage de la femme qu’il chapeaute par l’argent et l’ensemble des dispositions sociales et affectives nécessaires et indispensables pour qu’un tel pouvoir puisse s’exercer le plus grandement et le plus parfaitement possible. Bien sûr, ce n’est pas possible, puisque c’est une transformation malsaine de la vie, de la sexualité, de l’affect, de cet outil de la grégarité qu’est la sexualité, comme affectivité et socialité.

Évidemment, quand j’ai dit ça, j’ai rien dit, car on ne sait ce qu’il reste à faire. Je ne sais pas même si je me suis bien fait comprendre.

La valeur est un affect. Comme tout affect, il est une source énergétique biologique qui trouve DES formes de solutions orgastiques pour se réaliser. Un affect est aussi puissant que la faim, la soif, etc. Quand on a faim, on trouve des formes de solutions à ce problème et on se rassasie (dans la mesure où les dispositions dans lesquelles on s’est mis le permettent). Mais on ne pourra jamais se dispenser d’avoir faim… on ne peut pas se dispenser de corréler une affection pour un objet et lui donner une « valeur ». Et la première de ces valeurs, c’est la satisfaction sexuée, liée au rapprochement sexuel qui fait défaut à 96% de nous tous.

De la mère à la mort, la femme est maltraitée ; le sexe de la femme est bafoué de la naissance à la mort. Le principal intérêt de l’Internet est de mettre au jour cette maltraitance, de la grossesse, la virginité, la « pureté », en passant par l’accouplement, à la parturition et l’éducation qui en relève, de la malnutrition et du plus mauvais soin que reçoit la femme en tant que sexe de femme ; et de la part de la femme qui est le bras armé de l’homme dans le patriarcat. Je ne connais rien de la sexualité de la femme, car je suis un homme et seule elle peut en parler, si le cœur lui en dit. Ce que je connais de la sexualité féminine est sa sexuation, son anatomie, mais en rien de ses sensations, sinon que par empathie (encore un affect de la grégarité), ce que nous avons en commun. Elle seule peut parler de ce qu’elle en vit et en fait, etc. Or, ce sera toujours le curé (pour qui l’argent c’est les fesses du diable… et c’est qui le diable ? la femme, bien entendu !) ou l’imam (pour qui le diable, c’est la femme, tout simplement) ou autre gourou (pour qui la femme c’est l’impur) casher (pour qui la femme est le péché) du coin ou d’ailleurs qui parlera de ce que la femme doit faire d’elle… en faveur de l’homme ; comme si ce qu’elle pouvait faire serait en sa défaveur à elle, c’est-à-dire en défaveur de l’homme ! L’homme a la vue aussi molle que sa bite qu’il rêve dure pour être aussi dur que ce manque de vigueur.

Ainsi, la « valeur » est cette faculté de posséder la femme et d’en faire ce que bon vous semble (ce qui revient, à part une mollesse dégradante qui mène à la torture, à simplement s’y accoupler et à ne revendiquer rien que son éjaculation… qui mène à cette mollesse qui vous torture). Plus la femme est belle, et plus on veut la posséder et plus on a besoin d’argent pour la posséder, ou de sbires pour vous l’amener contre son gré ; c’est-à-dire besoin d’une structure sociale qui vous permette de la posséder suivant la puissance de votre désir de la posséder, qui se concrétisera par le pouvoir que vous donne la valeur dans cette possession d’argent, de valeur de pouvoir sur autrui par un objet ou des sbires.

Parler de « valeur » sans parler de sexualité revient à ne pas parler de l’impuissance sexuelle sans parler de structure caractérielle qui prédispose à cette forme patriarcale, actuelle. Tout en créant de la valeur, le travail s’échange contre une valeur ; mais ce qui donne consistance à cette valeur est la réduction de la vie à ne pas vivre, c’est-à-dire, à éviter toute exultation provenant de la sexualité. Lorsqu’on passe plus de la moitié de son temps au « travail », la gaudriole, comme détail de la vie, n’est pas possible. Si les conditions de cette occupation du temps laisse à l’employé une marge de tranquillité, on créera une tension sociale suffisamment forte pour que la détente amoureuse soit la plus compliquée possible, car c’est elle qui crée la valeur jusqu’à la terreur. Et on exposera sans fin la femme, plus ou moins nue, dans des poses lascives, invitantes et pré-consentante, dans tous les cas : excitatrice d’une sexualité débordante à laquelle vous ne pouvez qu’effleurer le désir d’une concrétisation, car la femme est ce qui manque à tous, c’est le support de la valeur du pouvoir sur elle, et conséquemment, sur autrui… et rien de ce que nous montre la publicité !

Ne parler de la « valeur » que comme « travail abstrait » ne correspond pas à cette aliénation concrète qu’elle induit, implique et commande dans notre relation à l’autre, à la femme et, surtout, de la femme dans des conditions libres, en tant que moyen de pouvoir sur autrui. Le patriarcat rend pénible ce qui se vit simplement. Le travail « abstrait » est l’explication d’un mécanisme économique qui permet au patriarcat de pouvoir exercer son mode de vie pénible, dans la forme actuelle du capitalisme : le capitalisme cache derrière son petit doigt le patriarcat. Sans patriarcat, il n’y aurait pas la disposition d’esprit et de corps pour l’existence du capitalisme, la structure caractérielle actuelle disposant à un tel comportement, un tel entendement du monde. Et la structure caractérielle est une disposition intégrée nerveusement et musculairement, propre à chaque individu, qui protège de toute émotion excessive, et notamment, de l’orgasme. Cette structure va affirmer qu’un petit titillement de ses sens lui aura fait perdre un dixième de seconde la conscience d’être dans le plaisir, tandis qu’elle ne connait de la transe que la souffrance. Cette structure portera comme une liberté de « procréer » sans accouplement, tant elle le craint, lui et ses conséquences de communion sexuée des affects avec son « partenaire ».

La valeur est un affect, c’est un outil propre à maintenir la cohésion d’un organisme grégaire ; comme l’amour, la colère, la nostalgie, la tristesse, la joie : c’est une transe, une forme de transe. Elle met en transe le cambiste, le possédant (1 % des gens de la planète possède la richesse – valeur de pouvoir sur autrui – cumulée de plus de 55% des plus pauvres, réduit à l’inexistence d’un pouvoir sur le plaisir de vivre), c’est le rêve du futur chef.

Lorsque la valeur est malade, en tant qu’affect, tout comme la haine est l’impossibilité structurelle d’exprimer l’amour qu’on éprouve pour autrui, quand ce « don-partage », quand la communion (rendre commun ce qui est communiable) grégaire vient à s’aliéner, elle ne devient, elle ne prend que la forme du patriarcat ; il n’y a pas d’autre organisation sociale possible, seulement le patriarcat, lorsque l’affect « valeur » est malade. Cette domination de cet affect imposée sur autrui (en lieu d’un don-partage, d’une communion) est immédiatement liée à la satisfaction sexuelle paire absente ; elle est causé par une structure caractérielle, une disposition neuromusculaire qui ne vous permet « plus » d’en atteindre la transe sinon, peut-être, que dans la souffrance… et reste un rêve, un support publicitaire.

La valeur ne conditionne pas seulement la sexualité de la femme dans ses contraintes de vente-achat-échange-troc, elle regarde aussi sa position sociale, ce qu’elle est dans la société patriarcale ; et par là-même ses revendications. Quelque soit le moment ou l’endroit, la femme est un objet sexuel. Bien sûr, c’est la forme patriarcale de cet objectivation qui est dégradante et cela ne se peut, tant sous cette forme que dans cette dégradation, que par la valeur qu’elle possède, intrinsèquement, dans une société patriarcale. On raconte l’histoire de deux entrepreneures qui ont inventé un collaborateur masculin pour pouvoir se réaliser. C’est une ruse de l’intelligence et le piège est facile puisque les hommes ont pour vocation de bafouer la femme, surtout au « travail », car c’est ce qui provoque et procure le plus de souffrance et que la femme est là pour souffrir du travail, bien plus que l’homme dont le dieu l’a pourtant inventé. Les comportements qui renient la sexualité féminine sont pléthores : les restrictions liées au mariage, à l’héritage, à l’éducation, à l’hygiène, à la malnutrition, l’éducation, les viols, etc. Ces comportements renient la sexualité féminine, renie la femme en tant que femme et la repousse dans les orties après lui avoir enlevé sa culotte. Le plus souvent, ils sont le fait des femmes elles-mêmes, déjà éduquées par les coups qui s’empirent en cas de désobéissance. En Occident, cela change-t-il ? Le garçon grand ou petit a toujours la prééminence sur la fille, grande ou petite, on le sait bien et on sait que c’est sexuel. Il ne s’agit pas de faire « égal », il s’agit de faire pair, « équitable », de reconnaître l’égalité de la différence entre les deux sexes, leur spécificités comme équivalentes.

Le travail c’est l’obligation d’utiliser son énergie « à la fois » énergétique et temporelle à une occupation à l’origine indispensable à la vie, puis devenue indispensable à quelqu’un d’autre. Lorsqu’on s’occupe soi à quelqu’activité, on ne travaille pas : on prend plaisir à ce qu’on fait. Il s’agit « à la fois » d’une occupation du temps sous la forme d’une transe et d’une dépense énergétique. Mais cette disposition d’esprit du patriarcat lorsqu’il « travaille » se retrouve dans la totale antipathie avec ses effets sur l’environnement : le bruit, la pollution chimique, radioactive, thermique, hormonale, etc. De la même manière qu’il se contrefout de ce que peut ressentir la femme – à moins de flatterie de son égo – dans l’accouplement, il se moque comme de sa première chaussette, de cet impact que ce travail a sur ce qui l’environne, de près comme de loin ( je pense à la translocalisation de l’eau par les aliments). S’il prenait simplement conscience du bruit que génère son travail, de ses moteurs à explosion « interne » comme à réaction, il se demanderait s’il ne fait pas quelque part fausse-route. Que la police et les ambulances passent avec un tel bruit dénote certainement une relation à autrui sensiblement chaotique, mais cela ne le touche pas : c’est « fonctionnel ». Tous ces travaux de voirie, de construction, etc., mais quoi ? La « méthode » correspond à cette structure caractérielle du patriarcat, pour laquelle le déchet est sans importance, et comme il traite ses selles, il traite ce qui l’entoure pour le barbouiller de cette ordure qu’il ne sait pas gérer. Je vais peut-être me répéter, mais on sait depuis la psychanalyse (qui est une tentative de traitement d’un problème patriarcal par des moyens patriarcaux) que l’argent est la retenue de ces selles, et pour autant rien n’a changé : la quantité même de ces selles a augmenté en valeur, je dirais, absolue, car le cambiste ne joue plus qu’avec elles, pour atteindre aujourd’hui 96% de l’ensemble de l’économie, où les 4% restant sont les achats de réalités bien concrètes : légumes, ponts, prostituées, salariés, services, etc.

Ainsi, quand on oppose l’individu au collectif en matière d’environnement, c’est poser le problème sur la tête : c’est chacun de nous qui doit reconnaitre l’impact immédiat qu’il a sur l’environnement dans lequel il vit : fait-il du bruit avec son marteau-piqueur, son avion, sa disqueuse, son camion, sa mobylette, sa pompe de relevage, son klaxon dans un embouteillage, etc. qu’il doit s’arrêter, lui, car personne d’autre ne le fera à sa place et que c’est bien lui qui a cet impact de bruit (par exemple, mais je peux parler d’hormones comme de produits phytosanitaires, etc) ici et maintenant. Et il doit remettre en question l’usage qui est fait de son énergie et de son temps pour trouver (ce qui impliquera certainement une remise totale de son « travail », celui-là même qui lui donne la permission débile de pouvoir tout faire pour lui : « Hé ! Je travaille, moi ! » dit le CRS ou le livreur) à savoir ce qui l’oblige à ce moyen qui pollue, pour accéder à une solution sans aucun doute bien différente, car beaucoup moins « emmerdante », moins coûteuse, je veux dire, puisque l’argent c’est les selles. ¿Entiendes? Il ne s’agit pas seulement qu’il s’éveille à l’environnement, mais que l’environnement l’éveille : que fait-on, soi, de l’environnement d’autrui ? On n’y arrivera certainement pas seul, il devra s’associer… ce qui lui redonnera l’opportunité de redevenir pleinement grégaire, puisque quand ce n’est que de l’argent qu’on perd, on gagne en grégarité.