L’artificiel du minéral

À propos de l’intelligence « artificielle » (le minéral contre l’organique), peut-on même imaginer que cette « intelligence » jouisse d’avoir gagné une partie d’échec ? Qu’elle saute de joie ? Qu’elle en fasse pipi dan sa culotte ? Non, bien sûr. Alors… qu’entend-on par « intelligence » et « artificielle », sinon ici, deux leurres ? Le minéral en peut en rien être intelligent, mais artificiel, oui ; et l’intelligence ne peut PAS être artificielle, sinon elle n’est pas organique. Quel est le but de l’intelligence lorsqu’elle joue au jeu d’échec : jouir de participer avec autrui au jeu de l’intelligence vivante, organique. Et c’est cela qu’on veut cacher dans cette expression « intelligence artificielle » : c’est que l’intelligence peut être détachée de la vie et de ses plaisirs, ce pourquoi cette intelligence existe ! On veut nous faire admettre que l’usage de l’intelligence est dépourvue de jouissance, car la jouissance n’est pas intelligemment tolérée comme jouissive ! L’intelligence artificielle est cette intelligence organique dépourvue de la chaleur organique : le gland, la vulve et le vagin restent, doivent rester froids !

L’intelligence « artificielle » ne jouit pas, elle est minérale, elle n’est en rien organique qui seul peut éprouver de la joie, si on lui en laisse le loisir. Ainsi, à proprement parler, ce n’est PAS de l’intelligence, et effectivement, c’est un programme qui programme ce qu’il doit programmer, et en dehors de cela, il est impotent, aussi large soit le programme du programme à programmer. Il s’agit bien d’un leurre qui vous attrape pour vous faire oublier que vous êtes d’essence organique : c’est-à-dire, propre à jouir de la vie, à en éprouver joie et peine ; et seulement par un mot, un jeu de pensée. Et que vous devez respecter l’artificialité de ce manque de jouissance de la vie qui doit rester « cérébrale », artificielle ! On doit trouver à admettre le caractère uniquement minéral de l’intelligence (comme si cela pouvait exister !) dans l’admission de l’expression « intelligence artificielle ».

Ha ! je dois attendre l’amélioration de cette « intelligence artificielle » pour qu’elle participe à mes jouissances, mes explosions de joie ! Mais, ici à nouveau, c’est un leurre : on détourne l’attention sur un détail de ce qui est important : autrui, en tant qu’être vivant propre à la rencontre et au mélange amoureux. Ce qu’on attend de l’intelligence artificielle c’est qu’elle me décharge du fardeau de la rencontre, du fardeau qu’est devenu autrui, de sorte que je puisse jouir de la vie seul, sans communion avec celle d’autrui. Tous les méchants de nos productions oniriques sont des êtres froids, exempts d’empathie : l’intelligence artificielle possède-t-elle le don d’empathie ? Non, bien sûr… CQFD. Ces méchants ont dévoyé ce don d’empathie pour un but, suprême et supérieur (je sais c’est la même chose, mais l’un est religieux et l’autre social) où tout ce qui n’y correspond pas est une barrière, un frein, un empêchement malencontreux. Quel est le mode de programmation d’un programme ? Exactement ce que je viens de décrire : impérieux, froid, borné, et le reste, car ce n’est que de l’électricité qui passe dans du MINÉRAL et que le minéral est dépourvu du don de l’empathie.

On va alors me dire, comme autre chemin, que l’objet de l’intelligence artificielle n’est pas cela, qu’elle a d’autres destinées : faciliter la vie des gens, par exemple, la maladie, la gestion, etc. Mais en quoi ce dispositif minéral peut-il améliorer ma vie ? La bureaucratie ? La reconnaissance faciale, vocale ? La sexualité satisfaisante ? C’est encore un leurre : l’intelligence artificielle ne sert que comme raffinerie publicitaire, policière et bureaucratique, à rien d’autre. L’agriculture ? Non. La naissance ? Non. L’amour ? Non, en disconviennent aux espoirs de l’amour parfait facilité par l’intelligence artificielle, minérale ! Le moteur sans pollution ? Non, car c’est l’usage du moteur qui doit être remis en question, pas son « perfectionnement » et à cela, seul l’organique peut répondre, car il s’agit de l’usage que l’on fait de sa vie et pas seulement de qu’on fait d’un objet, d’un minéral. Etc.

D’un simple usage de la psyché humaine, nous sommes toujours dans la magie, mais ici, la magie a un aspect plus concret, car elle agit sur des machines, et par l’intermédiaire de ces machines, en second temps, sur les êtres humains qui veulent bien s’y laisser prendre. James George Frazer, dans Le Rameau d’or, nous dit que la magie est « sympathique » et se divise en deux aspects : par similitude et contact, respectivement par l’association d’idées de ressemblance et l’association d’idée de contiguïté, dans l’espace et le temps. Nous projetons toujours nos désirs et nos craintes en dehors de nous du fait que l’énergie qu’elles détiennent ne peut être entièrement dissoute car nous ne savons pas en vivre, en dissoudre la diversité dans l’acte amoureux sexué paire. Ainsi, nos production oniriques sont-elles plus variées les unes que les autres sans que le problème du surplus d’énergie soit résolu, mais simplement dont la « perception » est déplacée, par sympathie (de similitude ou de contact). L’intelligence « artificielle » nous fait miroiter que nos problèmes pourraient être résolus à l’aide d’une machine qui serait encore plus intelligente que nous. N’est-ce pas idiot de simplicité ? « L’intelligence » artificielle fait penser que NOS problèmes nous surpassent et que nous ne sommes plus capables de les résoudre, non ? On pourrait presque penser aussi que c’est un aveu d’échec à la complexité que nous avons créée de la vie… qui n’est pourtant pas si compliquée. Cette complexité actuelle n’est que morale, c’est-à-dire publicitaire, bureaucratique et policière : tout ce qui régit la marchandise que chacun de nous doit placer devant son fait historique par lequel elle doit disparaitre de nos vies, au mieux définitivement.

La magie de l’intelligence artificielle est de nous montrer que notre « force » psychique, notre capacité à résoudre par nous-mêmes nos propres problèmes (encore dussent-ils être correctement identifiés… ce qui est aussi une forme d’intelligence !) n’est finalement qu’une poignée de poudre de perlimpinpin : nous ne sommes pas capables de maîtriser nos vies, car les objets nous gouvernent, et les objets… c’est du minéral. On voudrait plier autrui par notre force psychique, mais à quoi ? Outre obtenir gratuitement de lui ou d’elle le liquide de services sexuels, le porter à acheter nos marchandises (publicité), le maintenir socialement dans cette disposition (la bureaucratie) ou bien finir par le mettre en prison (la police) ? Il n’y a pas de force psychique sinon que de leurres, c’est-à-dire détourner les attentions du point central de l’aliénation : le travail et le salariat, la marchandise et la valeur. L’intelligence artificielle n’a d’autre but que de corroborer notre état social et de repousser derrière ses chimères, l’intelligence organique, possédée par tous les animaux qui peuplent cette unique planète, de sorte à résoudre nos problèmes, pas ceux des objets. Nous aurons au moins un siècle d’activité à consacrer notre intelligence pour corriger, réparer et adoucir l’ensemble des problèmes que notre amour de l’objet en tant que marchandise a provoqué en ces lieux autrefois respirables, buvables, verdoyants et prolifiques.

De telles dispositions magiques en viennent à attribuer aux peurs la force des joies : nous vivons dans un monde terrorisé. La force qu’on octroie au « mal » (en fait, à la douleur incomprise, psychique ou /et physique) est immédiatement relative à notre peur de sa manifestation, et cette peur est un leurre, car on attend toujours la manifestation qui doit lui donner consistance, chaque heure, minute, jour, semaine. Qu’elle n’arrive pas, on s’en étonne et pourtant elle reste toujours tapie dans le recoin de l’âme où nous lui avons donné sa couche. Et quand elle arrive, toujours sous une autre forme que celle attendue, nous nous satisfaisons de nos prédictions, bien qu’elles tombent à côté de l’objet ; mais son objectif s’en trouve renforcé. Et comme nous ne faisons rien, pratiquement contre elle, elle se nourrit des jus que cette couche transsude, de nos sueurs froides et de nos cauchemars. Nous irons chercher dans nos productions oniriques éveillées (cinéma, romans, musiques, etc.) des déplacements de cette énergie : le rêve sert à cela, à ceci près qu’ici, il n’est pas une solution à une difficulté de satisfaction, mais la manifestation d’une répétée insatisfaction qui ne pourra donc jamais trouver de solution autrement qu’en étant reproduite pour se retrouver dans la réalité, celle qu’on attribue à ces peurs. On la retrouvera dans cette « intelligence artificielle » qui est le résumé grossier de cette société de publicité, de bureaucratie et de police de la marchandise et de la valeur. Notre monde est un monde de rêves mauvais, de cauchemar, de terreur pour l’enfant, la femme, l’âme amoureuse. Nous le savons, de Marseille à Alep, maintenant il faut que ça mousse !

La vérité est que l’intelligence artificielle empêchera l’intelligence organique (celle dont sont pourvu naturellement tous les êtres vivants – organiques – pour leur permettre de vivre) de trouver des solutions au problème de la satisfaction sexuelle sans meurtrir qui que ce soit, car ce genre de chose s’apprend et on met longtemps pour la retrouver lorsqu’on l’a perdue. L’intelligence artificielle ne permettra jamais une telle approche, car cela lui est émotionellement impossible. Tous ces « cerveaux » qui se penchent sur cette « intelligence » ne cherche qu’une reproduction d’eux-mêmes : à quel point sont-ils minéralisés par leur cuirasse caractérielle qui est une protection contre la force de l’émotion de l’orgasme qui leur est devenue une peur incoercible ? « À tout penser autant éviter de penser à ce dont vous êtes effrayé ! » affirme l’intelligence artificielle. Car l’intelligence organique ne se destine qu’au plaisir de vivre, en tant qu’organique, qu’organisme vivant. A-t-on vu un lapin ne pas manger par « idée » ? Ou un renard ne pas chasser un campagnol par « idée ». ? Non, bien sûr : leur adresse et leur intelligence (qui est liée à la mémoire) leur octroie le plaisir de la satisfaction, de manière propre à leur espèce. Nous en somme le contraire : nos satisfactions sont minérales : l’objet. Songeons-y… Pour trois satisfactions loupées, il faut trente tentatives pour la retrouver, passant par le doute, l’incertitude, l’acrimonie, le déni, le rejet, le mysticisme, les pensées avilissantes, et que sais-je encore. C’est long !

L’apprentissage sera long et le chemin caillouteux. Il faut retrouver la communion avec autrui, pas l’artificiel.

 

 

 

 

 

 

 

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Patriarcat : l’intendant

À Martine B.

Le dernier de la bande

Outre le sbire et le larbin, un corps du patriarcat détient une puissante importance d’autant plus qu’il passe inaperçu : l’Intendance.

Napoléon disait gagner une guerre avec des chaussures (et les nazis ont affrété un bataillon spécial de prisonniers pour tester les meilleures) : c’est l’intendance.

L’intendance c’est principalement les industriels qui fournissent de l’argent au chef (jusqu’à créer au besoin une nouvelle monnaie) pour qu’il porte ses idées qu’ils subventionnent en vue de leur tranquillité. L’intendance c’est les petites mains qui ne sont pas obligatoirement du complot, mais qui fabriquent l’essentiel de ce qui permet qu’il puisse se mettre en marche : les usines d’armement, de vêtements, de drogues, les raffineries de pétrole, ces centrales nucléaires, etc. tout cela parce qu’il faut vivre… c’est l’intendance !

On ne maintient pas le peuple bâillonné sans bâillon ni bâton, on n’envoie pas des soldats au front sans drogue idéologique ou psychédélique. Les esprits doivent être obéissants, au mieux par eux-mêmes, sinon ils doivent être brisés. Pour tout cela, il faut des moyens et c’est l’intendance qui y pourvoira. Je ne suis pas très fort en intendance, mais je le mentionne, je le souligne. L’intendant est celui qui centralise le nécessaire pour que la parole du chef se porte au mieux, se disperse au mieux, ait au mieux une audience, sinon une visibilité.

Il s’occupe du papier, de l’encre et de l’imprimante sans véritablement rendre part au rêve du maître, mais il garde bien au chaud une parcelle de ce rêve, en lui et il sait comment lui donner de l’ampleur, pratiquement. Il fournit les fusils, les balles et les martingales. Il fournira les caméras, les pellicules, les outils de travelling, et saura développer ce manège pour qu’il trouve une audience dans les salles obscures. Quoi qu’elle ne comprît pas la notion de chef, dans une analyse que j’avais faite de la société actuelle en fonction de l’organisation du spectacle, c’est le « producteur » du mauvais film de la chéfitude, du patriarcat.

L’intendant c’est celui qui a été cherché le petit pain que Jésus a multiplié sur la colline.

L’intendant c’est celui qui a organisé le kidnapping des Coréennes pour les donner en pâture sexuelle aux soldats japonais, ou, pareillement, des Françaises aux GI au sortir de la guerre (on ne peut pas parler de « prostitution », car elles n’en n’ont reçu aucune compensation d’argent, pas comme nos députés).

Un peuple averti en vaut deux.

 

Patriarcat : la chéfitude

Le pire modèle de chéfitude auquel nous avons accès aujourd’hui est le IIIe Reich : les archives à notre disposition nous permettent de détecter ses mouvements et les moyens qu’il a employés pour se développer, se déployer et, du fait qu’il est un système d’organisation de la vie totalement débilitant, se briser quand il a voulu anéantir des systèmes de chéfitudes moins puissants. Ces derniers ne se sont certes pas rebellés contre le premier, mais parce que le premier prenait trop de place à leur encontre. La barbarie du IIIe Reich n’est apparue comme telle que dans sa défaite, pour la majeure partie de ses attaquants.

Mais, j’insiste, ce que le lecteur va lire n’est pas une description de cette période particulière. Il pourra cependant vérifier ce que j’écris en calquant mon canevas sur cette période, comme sur une autre : Lybie, Argentine, Chili, etc., et en édulcoré, sur l’ensemble du monde, puisque le monde est dominé par l’organisation patriarcale de la vie que le capitalisme cache derrière son petit doigt !

On dit souvent que le personnage central de cette triste période (les chefs sont des gens tristes) est Adolf Hitler, mais celui-ci n’aurait rien été sans son larbin en chef de Joseph Goebbels, son sbire en chef d’Heinrich Himmler et, on le sait bien, les subsides que lui ont alloués de riches industriels de toutes nationalités. Le chef est un « guide » en ceci qu’il fascine les idées en gerbes cohérentes, même si la base de cette cohérence est un désordre reconnu de l’aptitude à la socialité, de sorte que l’anneau qui crée ces faisceaux n’apparaisse pas comme socialement délirant. On vous montre l’Anneau, comme ailleurs un Agneau, qui marie des solutions éparses à un problème civilisationnel (palier à une crise sociale importante, sursoir au péril « communiste », le raffinage de l’impureté de la « race »), comme corrélation d’idées sensées expliquer ce problème, alors que, comme à la sortie du hachoir, on ne distingue plus rien de l’initial, sinon qu’une purée. Non seulement, le chef cristallise sur lui ce qu’il doit cacher derrière son discours (encore qu’ici, ce discours contient la haine d’un humain qui ne lui correspond pas), mais est aussi le cristal à partir duquel la cristallisation est possible.

Il s’agit pour moi de décrire la chéfitude qui est, comme l’a décrit Hegel « du maître et de l’esclave », à deux facettes : la fascination du peuple et le peuple. Je laisse au lecteur ce livre de Wilhelm Reich (La Psychologie de masse du fascisme) dans lequel il trouvera avec certitude des projecteurs pour éclairer la pauvreté de la société patriarcale dans ses possibilités d’expression de la liberté, non pas seulement amoureuse, mais aussi sexuelle ; en quoi cette fascination permet de se décharger de la première pour ne pas avoir à se préoccuper de la seconde. Le même auteur a par ailleurs écrit un autre livre, plus lourd du poids de son expérience car plus tardif, sur cette étrange relation du peuple et du chef : Le Meurtre du Christ.

Le mot de « chéfitude » n’est pas dans les dictionnaire, et bien que je l’emploie depuis une trentaine d’années, il a peu d’occurrences sur le web, à moins des miennes : le concept de « l’existence du chef » n’intéresse personne, comme si il contenait une mystérieuse logique quelque peu corrompue qui nécessiterait des gants et des pincettes pour l’aborder afin d’éviter d’être soi-même atteint du virus de la méthode dont on détient tous des bribes plus ou moins grosses ; alors que le chef n’est qu’une relation à l’angoisse des gens qui la cristallisent dans une image. Le besoin de chef doit être observé dans ceux qui ont besoin de ce chef, pas dans le chef lui-même. Le chef , son sbire et son larbin donne une forme à l’angoisse des gens et les gens acceptent selon leur conditions d’existence – et ici, la ruse est de leur donner l’impression qu’ils maîtrisent leurs conditions d’existence à travers le programme du chef – cette formalité de leur existence. Je ne dis pas qu’ils se retrouvent totalement dans les délires du chef et de sa clique, mais un faisceau de décisions et de laisser-aller concourent à l’emprise d’un piège, donnant l’apparence que les mâchoires de ce piège sont la solution aux malheurs de leur conditions d’existence.

Ainsi, au lieu d’analyser une image, on analyse une personne : celle qui cache cette image… peut-être pour en oublier l’existence. L’image du chef, le besoin de chef, son existence, les satisfactions que cette image procure (le chef est généralement assez con, comme personne, mais son image fascine), les attentes de satisfactions qu’on en espère, que les gens espèrent et ce que cette image cache chez les gens eux-mêmes, en eux, qui est si désespérant qu’elle leur est indispensable. Bien sûr, comme pour la grenouille, il faut que l’intensité de l’image soit progressive pour ne pas les ébouillanter dans la réalité de leurs espoirs.

En gros, le chef est le caractère rigidifié d’une aptitude d’organisation donnée par la grégarité, le fait de vivre en troupeau. Alors que le leader organise les désirs des gens pour une satisfaction générale, le chef s’organise – et a toujours pour cela besoin d’un larbin qui va idéologiser le moyen d’être chef et d’un sbire qui va imposer la rigidité comme moyen d’être chef : il n’y a pas de chef qui ne cache deux sous-chefs ! (le larbin est généralement plus nabot que le chef, car il n’en a ni la verve ni la carrure, mais manifeste plus de morgue ; le sbire connaît son métier : battre) –, le chef, dis-je, s’’organise pour ses propres satisfactions – et celles de ses sbires et larbins – desquelles il ne jouit qu’en image : il a une incapacité indécrottable de pouvoir partager-donner l’orgasme sexuel, incapable même d’érection (Mussolini, Kadhaffi et autres bandent, mais violent : ils jouissent de la domination physique : ce sont des chefs tendance « sbire »). La petite part de chef en chacun de nous ne sait pas gérer ses frustrations et cherche à dominer autrui pour les éviter, sans que cela change quoi que ce soit, sinon qu’un pire dans l’intensité de l’image derrière laquelle il se cache et qu’il prétend pourtant incarner (le larbin et le sbire incarnent bien plus physiquement cette image que le chef, hélas).

Nulle part ne transparaîtra cette sexualité frustre et frustrée du chef que les sous-chefs peignent de couleurs éclatantes de la vitalité. Il faut soi-même aimer le pouvoir du chef pour aimer le chef. Le leader n’aime pas le pouvoir en tant que supériorité, mais en tant qu’élément d’une jouissance supérieure qui n’est que partageable ; davantage comme un outil correspondant aux désirs de ses compagnons et compagnes. Loin du leader de circoncire, d’exciser, de brimer une sexualité adolescente qui ne désire pas en imposer, car cela provoquerait un amoindrissement du plaisir de vivre. Le chef, au contraire, imposera ses désirs, même lorsqu’il s’aperçoit qu’ils diminuent drastiquement la liberté de pouvoir jouir de la vie, surtout sexuée. Le chef ne sait pas jouir, sinon que du pouvoir qu’il a sur autrui, pouvoir qui est une image à laquelle et devant laquelle autrui plie la déférence de sa propre impuissance devant la vie, l’échine de son pouvoir de s’organiser ensemble pour satisfaire à une tâche collective (grégaire). Le IIIe Reich se voulait le rempart contre le « communisme » (alors, le fascisme stalinien) qui était l’image de la vie organisée par les gens eux-mêmes : ça, le chef déteste : il ne sert plus à rien, il retrouve et retourne à sa nullité, humiliation suprême !

Le pouvoir du chef repose sur un phénomène grégaire : le charisme ou pouvoir chamanique, ce pouvoir commun de provoquer la transe : plus fort est ce pouvoir (qui passe par la mise en scène, l’élocution et la gestuelle qui l’accompagne – allant jusqu’à la vocifération ou l’aboiement) et plus il a de pouvoir, car la transe est alors si forte qu’on en veut encore. À tel point, que le contenu du discours n’est plus qu’un support sans l’âme qui a migré dans transe. On va rire de la transe… mais qu’est-ce que la musique, la danse, les bruits qui accompagnent les images du cinéma, les attentes des discours des politiques pourtant creux comme des cloches, mais dont le battant est le rythme précisément de cette mise en transe de l’auditoire ? De nos jours, tout est bien mieux organisé qu’autrefois, mais autrefois, il en fallait moins pour rendre les gens autre que ce qu’ils sont capables de faire par eux-mêmes. Moi-même qui vous parle, je ne suis pas sujet à ce phénomène, ou peu, principalement par la musique et la poésie et, bien sûr, la transe amoureuse sexuée. Mais combien de mes contemporains attendent de pouvoir être mis en transe, non seulement parce que la transe est un phénomène grégaire, mais aussi parce que la transe est une disposition corporelle individuelle qui vous permet d’oublier le temps qui passe (la méditation est une maîtrise du présent qui passe dans la transe ; comme l’ivresse alcoolique vous donne une sensation du temps particulière). La transe du chef soustrait du présent les espoirs qui s’y enliseraient en désespoirs. Cette transe, comme toutes les transes, soustrait de la réalité et de ses lourdeurs, sinon même de ses malheurs. L’apprentissage de la mise en scène, la mise en scène, les codes sociaux (habillement, éclairage, scénographie, sons, etc.) renforcent le pouvoir de transe et en cela, les larbins sont des chefs.

J’ai tenté de montré ailleurs que la transe est indispensable à l’être vivant et à l’humain en particulier, en tant que phénomène grégaire, de cohésion du troupeau. Et cet humain sait organiser ses transes collectives (musique, théâtre, « actualités », etc. usage de substances psychoactives ou psychopassivantes, etc.) et se pencher sur la chéfitude, c’est analyser à quoi correspond la transe provoquée par le chef, c’est-à-dire, l’expression de la cuirasse caractérielle du chef que l’image du chef cache en la faisant briller, reluire – alors qu’elle est une adaptation à la vie qui a loupé sa liberté quand au pouvoir de communier aussi avec sa sexualité – en ceci qu’on se voit, soi, exprimer ce qu’on ne peut exprimer sans sa propre cuirasse et qu’on désirerait exprimer hors de sa propre cuirasse caractérielle : ici, la transe réside en ceci que ce qui y est exprimé l’est à travers la cuirasse caractérielle et en porte les stigmates que tous voudraient voir panser.

Dans le catalogue des transes, la plus prisée et la plus précieuse est la transe amoureuse et ce délice qu’elle procure d’être bien vécue dans le mélange des corps : l’orgasme (la communion achevée). Mais, paradoxalement, dans le patriarcat, c’est aussi la plus cher, à la fois la plus chérie et la plus dispendieuse, peut-être même la plus rare, donc la moins connue ou reconnue. Pour autant, elle est en haut du catalogue, c’est-à-dire qu’on en éprouvera toujours une sorte de nostalgie qui vous pousse à la rencontre d’autrui. La seconde est la bonne santé, mais quand on la vit, on ne s’en aperçoit pas ! Les autres, toutes les autres viennent pêle-mêle suivant ses propres dispositions. Pour peu que la première des transes ne trouve pas son usage, la personne va en reporter les énergies vitales sur le pêle-mêle de son catalogue et tenter de retrouver le délice manquant, la partie intégrante de la liberté du troupeau, en choisissant une « compensation » (Freud parlait de « sublimation », mais Reich a montré que l’intensité de la réalité de cette sublimation répondait à la fluidité caractérielle, elle-même fruit de l’amour, CQFD, de la transe première de la liste, suffisamment bien vécue). Ce genre de compensation est une canne alors qu’on a les deux jambes fonctionnelles.

Beaucoup de larbins et de sbires sont redescendus déçus et tristes des transes fascisantes. La violence du chef est aussi bien celle qui interdit l’expression amoureuse sexuée : on le sait parce (on en connaît la nostalgie) qu’on n’en peut pas, soi-même : on se fait à soi violence et l’écho de cette violence est celle qu’exprime dans ses dires et ses vociférations le chef. Le chef fait sans fin référence à la notion de « pureté » (race, religion, pensée, sexualité, bouffe, et que sais-je encore) et cette « pureté » n’a pour seul sens de NE PAS S’ÊTRE TOUCHÉ LES ORGANES DU PLAISIR SEXUÉ. Mais cette notion est bâtarde, car TOUT LE MONDE (sauf les malades affectifs retranchés dans une peur délirante) a, en vue de plaisir intense, orgastique, non seulement envie de se toucher le sexe, mais aussi d’être sexuellement touché (caressé) et communiquer avec le sexe d’autrui et ceci dans un contexte de transe amoureuse, sinon c’est froid et sans vie. Tout cela on le sait… mais on ne doit pas le savoir, car on ne sait comment s’y prendre, quoi y faire. Le chef oriente cette « pureté » vers une « impureté », un autrui différent ou un aliment, ou un lieu, ou quoi ou qu’est-ce. Le chef appuie sur le côté du fléau portant l’impur, pour désigner le pur… mais la balance-même est dérisoire quant à solutionner le problème de la relation à autrui de manière satisfaisante et paire. Ainsi, si par hasard, on se laisse aller à la transe sexuelle – qui est amoureuse – cette « impureté » demeurera extérieure et la culpabilité (le support du fléau, la balance elle-même !) dont l’énergie provient de l’insatisfaction de n’avoir pas pu se donner-partager dans cette transe (Reich parle du résiduel de l’énergie changée en culpabilité) trouvera un exutoire, un pharmakos dans la mise en malheur d’autrui et ceci d’autant mieux (si je puis dire) que le chef en donnera l’autorisation et la cible. Beaucoup de bureaucrates et de militaires sont redescendus déçus et tristes des transes fascisantes.

Le chef provoque donc une transe particulière : la chéfitude dont le délire n’est pas immédiatement perceptible (dans la transe on vit) car le vécu de la transe est une satisfaction immédiate qui, pire est le délire, pire elle se doit d’obnubiler de sorte à ne devoir plus rien penser sous peine d’écroulement. Pire est l’auto-reconnaisance du dévoiement du bien-être par le cuirassé, et pire est le malheur qu’il sait infliger à autrui, car ce bien-être réside en lui en nostalgie. Une idée aussi délirante que d’exterminer des gens ne peut trouver une réalisation que dans une sclérose de la sexualité amoureuse. Dès que cela leur a été possible, le larbin Goebbels et le sbire Himmler se sont employés à brimer toute expression amoureuse, dès les camps de jeunesse (1922 !), bien avant la « prise de pouvoir » d’Hitler. Pour faire de bons sbires et de bons larbins, il faut brimer la capacité amoureuse de la jeunesse et principalement de l’adolescence. Ils le savent par « instinct », pourrais-je dire, mais il s’agit seulement de cette auto-perception des sentiments qu’ils éprouvent et répriment : ils savent comme parvenir à ce but ! La Bataille de Caen nous a montré que la 12 SS des Hitlerjungen avait bien été énuclée de toute capacité à vivre. Des films comme « Le triomphe de la volonté » veulent incruster que la sexualité est l’impureté par excellence face à « l’esprit » et que tous ceux qui s’y adonneraient en cherchant à jouir de la vie, sont des parias, des « impurs », des rebuts. Tout se refait dans le monde du patriarcat, des gynécées aux Romains, de l’Inquisition au IIIe Reich, à la bataille des puristes contre la RU486.

La vérole de cette idée est d’une contagiosité telle, si facile et rapide, parce que tout simplement personne n’est « pur » : c’est une vue idéale qui coince la vie dans un piège aux mâchoires d’airain de la rigidité. Il suffit d’appuyer sur le bon bubon : tout le monde s’est touché les organes du plaisir en vue d’avoir du plaisir, a désiré touché ses propres organes et toucher ceux d’une autre personne : TOUT LE MONDE, garçons comme filles. Cela devient malade lorsqu’on veut se faire mal, lorsqu’on se l’est empêché très trop longtemps, qu’on ne se respecte plus, ou qu’on a cessé de respecter autrui ! Ce sera donc de manière « sublime » (rigide) que le chef protégera de l’impureté qui est une perception découlant de l’oppression sexuelle d’une morale sociale… qui contient ce chef : trouvez le sbire et le larbin qui y correspondent et ça s’empirera bureaucratiquement et militairement. Je souligne que cette morale sépare le « sexe » de « l’amour », posant comme hypothèse par avance conclue, que le second peut exister sans le premier. LA morale anti-sexuelle. Mais, comme antagoniste à cette morale anti-sexuelle, il n’y a pas de morale « pro-sexuelle », mais bien une morale « pro-amoureuse ».

Par exemple, dans les critiques que j’ai entendues relatives à la sexualité des femmes qui « donnaient » un enfant à Hitler en s’accouplant avec de « purs Ariens », je perçois cette morale anti-sexuelle, selon laquelle la femme n’aurait pas eu à être heureuse de copuler (même pour le Reich), comme si la procréation procéderait d’une séparation de la sexualité en maternité et plaisir issu de cette copulation, en ce qu’il ne leur serait pas tolérable d’avoir dû s’accoupler en ce sens. On veut nous faire oublier le plaisir lié à l’accouplement et que faire d’autre quand il ne vous reste plus que cette manière de le faire tolérer ? Et il aurait fallu qu’elle le fasse le cœur froid ? N’est-ce pas là une morale anti-sexuelle, anti-amoureuse ?

En soi, le chef ne devrait pas exister : dès qu’il existe, cela signifie une morale anti-sexuelle, d’une part, et ensuite un larbin en chef et un sbire en chef. Peut-être qu’aujourd’hui avons-nous la chance de ne pas trouver cette conjonction pour véroler la vie. Dès que le chef existe, il y a une recherche tant de la part du peuple que du chef qui s’en fait l’écho l’un l’autre, une recherche de pureté désexuée qui dégoulinera sur le reste de la vie geste sociale. La grégarité humaine a des dispositions bien plus adaptées à son état que celle-ci qui la rend boiteuse, moribonde et amoureusement pauvre.

Écrin rouge

(chanson)

Si le temps est comme l’eau qui coule
Autour de tes seins un amant qui glisse
De ses vagues caresses qui soulent
Du plaisir céleste dans ton corps s’immisce

Refrain
Balance ton dos qui bouge
Sur l’axe qui danse de ton plaisir
Émeut le mouv’ment rouge
Jusqu’à la perte de nos désirs !

Si le sang comme la chair féconde
Autour de tes reins un amant s’esquisse
Comme la vague de l’onde abonde
Sur la grève l’espace de ton antre cuisse

Refrain

Tes baisers sur mes lèvres brûlent
Et ma bouche envie ta chaleur captive
Ton bassin de vigueur ondule
Du chaos s’offrir l’eau de nos salives

Refrain

Avec toi d’être un homme s’annule
Du conjoint des forces reste-t-il la trace ?
Ta peau est comme un crépuscule
L’horizon se lève et le jour s’efface

Refrain, refrain

 

le 16 novembre 2017, finie le 5 décembre.

Le patriarcat comme astreinte à l’inadaptation

Je pense que Marie-Madeleine, tenant dans sa main droite le pesant des couilles du Christ et de sa main gauche la hampe de sa verge, ses lèvres chaudes posées sur son gland ardent, devait être proche du paradis ; et la vulve et le vagin accueillant de cyprine, prête à se mélanger à lui, sachant que l’orgasme de son compagnon – qui se donne en totalité au plaisir qu’il ressent de ce mélange de la vie – attentif au crescendo des frottements réciproques, est proche du Saint-Esprit, lui qui est l’intégrité du Père.

La position même de la femme implique qu’elle doit être en transe pour pouvoir profiter de sa relation à l’homme ; sinon « ça peut pas l’faire ». Une des distinctions du patriarcat, est qu’il lui empêche cette transe à la fois par le viol et par l’obligation : la femme n’a ni le choix ni le temps ni l’opportunité d’être en transe… et il ne serait pas loin que le patriarcat refuse qu’elle entre en transe dans sa relation amoureuse, y perdant ce qu’il nomme son pouvoir : le viol d’autrui. Je regardais un graffiti d’une fille qui montre une fille, et c’est beau. Hébé, un mec est passé par là, et a graffé un sexe masculin au niveau de sa bouche et a marqué : « Suce ! ». C’est totalement idiot : le mec veut imposer à la femme un désir, non pas qu’elle refuserait, mais qu’elle refusera à lui, car il est violent et il se l’impose à nouveau par la violence. Il est interdit dans la compression de son propre désir qui se manifeste alors comme viol parce qu’il est interdit du désir de fondre avec l’autre et ne parvient qu’à violer ainsi celui de la femme.

Ce qu’il m’est difficile d’exprimer est que le désir de la femme est son acceptation de s’adapter comme immédiateté, car c’est dans cette immédiateté qu’elle retrouve l’affirmation de son plaisir, comme transe. Il ne peut y avoir d’amour sans transe : l’amour est une transe qui permet la jonction des désirs, leur affirmation et le plaisir qu’on a de les réaliser ensemble, produit commun (communion) décidé de manière commune d’une relation altruiste. La morale – qui sera toujours ici patriarcale – consiste à empêcher la transe amoureuse, de deux manières : la masculine et la féminine. Car la transe amoureuse est spécifique à chacun des deux sexes ; elle a des points communs, certes, mais elle contient une spécificité pour chacun d’eux, spécificité qui est organique, sexuée. La participation au temps y est un rien différente.

J’ai rencontré une fois une psychothérapeute reconnue et renommée qui posait la question du dimorphisme sexuel comme une aberration culturelle : selon elle, la femme serait plus petite, chenue, etc. à cause de la culture patriarcale. Il y a du vrai puisque qu’effectivement, dans le monde, la fille est moins bien nourrie, reçoit moins de bons-soins, etc. (et plus la culture est patriarcale, et davantage elle est spoliée de l’égalité de traitement à cause de son sexe), à ceci près qu’aujourd’hui, les filles reçoivent les mêmes soins, à peu de choses près, que les garçons, et que le dimorphisme sexuel persiste : si les garçons sont plus frêles, c’est parce qu’ils exécutent des tâches bien moins pénibles imposées par le travail qu’il y a un demi siècle, mais les filles ne sont pas plus fortes ! Entraînez dans une musculoserie une femme et un homme possédant une charpente identique (si vous en trouvez) aussi bien nourris d’hormones et de stéroïdes, et ce dimorphisme paraîtra toujours.

Il y a une spécificité sexuelle et c’est bien celle-ci qui donne l’attrait des apparences. J’insiste sur ce fait parce qu’on irait dénier ces apparences en les donnant comme conclusion physique à une morale sexuelle. Non, là où cette morale sexuelle exerce ses prérogatives, c’est dans la forme du « Non ! » de la rencontre, non pas de ce « non » qu’on dit à l’autre en refus, mais de celui, excédentaire, que l’on dit à sa propre aptitude à la transe de la relation sexuée, de ce « non » qui est le mot qui désigne qu’on refuse cette transe, de vous laisser envahir par le partage de cette transe, selon votre goût sensé libre.

La plupart des maladies psychiques, qui ne sont pour moi que des maladies affectives (de transe, donc) ne sont que des transes qui ont cessé de s’orienter vers la satisfaction paire pour ne plus s’occuper que de ce que la personne en transe considère comme UNE satisfaction : violer autrui ne donne pas cette satisfaction du mélange des transes amoureuses partagées. On sait que le trauma réside dans la négation de la négation de la personne (et c’est le viol), c’est-à-dire dans, à la fois l’impossibilité de pouvoir se mettre librement en transe pour partager (comme pré-disposition grégaire, sociale), de se voir refusé de pouvoir de se mettre en transe pour partager (comme individualité pensante, aimante et partageuse), de se voir imposé ou imposée de subir la transe malade d’autrui qui ne veut pas vous voir, vous, mais ne voit que son objet, UN objet de SA transe (comme dans le choix d’une marchandise !) poussé par la force de la sexuation poussée à un tel extrême qu’elle vous porte dans cette transe sexuée qui dépasse l’entendement car cette puissance qui obnubile l’entendement et, le consentement d’autrui et l’existence même d’autrui, est ici dans une puissance telle qu’elle obnubile, met en transe destructrice (comme un CRS qui trouve normal de frapper ses congénères, il a même signé un contrat d’argent et suivi une formation dans ce but).

On voit donc qu’il y a bien une transe partagée (on pourrait dire constructrice) et une autre non-partagée, destructrice.

Mais les deux points qui font la spécificité sexuelle ne sont pas ici. On dit par exemple que la femme a le pouvoir d’avoir plusieurs orgasmes… pourquoi pas ? Que son clitoris est 100 fois plus innervé que le pénis ! Heureusement ! imaginez un pénis aussi innervé qu’un clitoris et tentez d’éviter que le temps de frottement soit trop court pour satisfaire les DEUX sexes ! Il y a donc une équité physiologique quelque part comme moyen de rencontre des deux sexes. Ce sera dans le « Oui ! » que se résumera la jonction des plaisirs. Et j’ai peut-être quelque chose à dire à ce sujet.

Le plus étonnant est qu’avec des moyens totalement différents, cette jonction des plaisirs s’effectue dans l’exacte mesure de ce « Oui ! »; Que ce »Oui ! » soit absent (et il n’est pas un « Non ! ») et change la qualité du plaisir commun, de la communion. Avec DEUX sexes totalement différents, une jonction des plaisirs est possible, vécue quotidiennement, et renouvelée au bon vouloir des participants et sous des formes finalement assez variées ! Non… je ne tombe pas des nues… car, ne soyons pas innocents, cette jonction est bien rare dans ce monde (en gros 4 % des participants, guère plus) et les rires moqueurs peu tendres, à la mesure de la nostalgie de tels moments, et des grincements de dents aussi audibles que les difficultés que cela engendre dans la vie quotidienne, essentiellement organisée autour de cet antidote qu’est le travail.

Cette jonction ne peut s’opérer que dans une transe et, je le répète, l’objet du patriarcat est de l’empêchée par deux moyens : empêcher les possibilités d’entrer dans cette transe de sorte qu’elle soit constructrice de positivité grégaire, et empêcher qu’elle soit possible, sinon que selon ses propres formes qui seront destructrices, c’est-à-dire de transformer les aptitudes grégaires fluides de l’humain en coagulées, en minérales même, en cuirasse caractérielle. De cela, j’en ai déjà touché un mot. Je m’intéresse aujourd’hui à cette aptitude à cette jonction dans la transe amoureuse. D’ailleurs, que le patriarcat réduise tant cette réalisation, elle n’en réussira pas moins à quand même à transsuder de plaisir dans des formes bancales : le plaisir est comme la plante sous le macadam : elle le transperce de sa vitalité.

Dans la société patriarcale, malgré les meilleures dispositions possibles, l’erreur réside dans la manière de saisir cette jonction par l’homme, dans le vécu féminin, dans la transe amoureuse de la femme. Il faut poser d’emblée comme critère restrictif à cette compréhension que le patriarcat ne peut pas comprendre cette transe, non pas seulement parce qu’il y perdrait la source de son pouvoir, mais parce qu’il ne peut caractériellement pas la comprendre : il lui est impossible, structurellement, de comprendre la transe féminine à moins de la dégrader, de la vilipender, de l’écraser, de l’avilir, de la conspuer, de la sorcelliser : elle lui est intolérable, in-to-lé-ra-ble. Et pourtant, elle se vit comme on respire ! À moins d’être sclérosée, la femme la vit comme elle respire, avec les variations afférentes, bien évidemment.

Ce que l’homme patriarcal prend pour un pouvoir sur la femme n’est finalement que cette perception indirecte qu’il a de la jouissance féminine dont il se donne pour maître, alors qu’elle y participe à la mesure de la liberté qu’il lui laisse, et selon les capacités et, les aptitudes et les plaisirs liés à son sexe. Attention, j’ai bien conscience que cela n’est pas du nougat pour tout le monde… je parlais de 4 % tout à l’heure… ici je parlerai d’environ 10 à 15 % de plus, dans ce cas de figure.

C’est que la femme a une prédisposition spécifique à son sexe quant à cette jonction des plaisirs de la rencontre. Et parfois, elle est bien partageuse, en toute grâce et dans la mesure exacte de son acquiescement – cela va mieux en le disant. Mais ce dont je parle maintenant, est cette transformation affective qu’en fait l’homme en tant que prise de pouvoir sur elle (il me faut donner en aparté, le jeu féminin comme miroir de ce soit-disant pouvoir social de l’homme sur la femme, de la femme avec le désir de homme en le séparant du sien pour le lui rendre comme pouvoir. C’est de l’érotisme que j’ai nommé ailleurs « agricole » et qui est de bonne guerre dans de telles conditions : ici, dans le patriarcat, la femme est la dominée, et la latitude que cette situation lui laisse, ne lui laisse guère d’extension que celle qu’elle peut prendre dans un semblable périmètre).

Oui, je peux donner la conclusion à laquelle je suis arrivé dans cette longue étude de notre monde, qui a commencé vers l’âge de trois ans, quand que je me posais la question de l’origine de la source du plaisir de ma mère envers moi. L’entendement qu’en a Freud d’Œdipe nous cloisonne, alors que l’impossibilité de s’accoupler avec sa propre mère (pour un garçon… pour une fille, c’est différent… j’y reviendrai peut-être plus tard) étant d’un naturel si évident que se pose la question de son altérité, sinon que contextuelle, en ce sens où l’impossibilité d’aller voir ailleurs vous est interdite… auquel cas, en tant que féminin, il ne vous reste plus que votre mère… et il va falloir faire avec…. J’en suis rapidement arrivé à constater qu’il y avait en conséquence un contexte d’amour pour sa mère, que celui-ci permettait ceci mais pas cela. Encore que j’ai très tôt ressenti le même amour pour d’autres filles (dès avant un an et demi), et que, de comprendre la frustration éprouvée, demandait un agrandissement de sa propre perception du monde de sorte à voir plus large pour s’élargir (on est alors doté de peu de vocabulaire, comme vous pouvez le constater). Mais la question fondamentale de cet amour du féminin pour le masculin est restée très très très longtemps comme interrogation, car ma mère n’aimait pas mon père, mais ils baisaient ensemble de sorte à pondre et pondre et pondre encore des enfants, les cons. La sexualité avait donc une force bien plus importante et puissante que tout, de sorte que la recherche de satisfaction qui en est susceptiblement issue (outrepassant même les frustrations passées) vous pousse à vous adonner à cette rencontre dont vous n’aurez, finalement, qu’un piètre soulagement de votre demande initiale. Le désir de rencontre contient en soi le désir de satisfaction qui vous fait voir cette rencontre non plus comme un possible de satisfaction, mais toujours comme une satisfaction à renouveler malgré les échecs que vous avez essuyé du sopalin de vos déboires.

La question se pose, inexorablement, de reconnaitre en quoi cela est-il si déplorable ? et en quoi, comment, cela puit-il être que tant de reliquat stationnât sur le parvis alors que vous voulez vous élever dans les ondes célestes, comme des poids indésirables vous retiennent de porter vos pas à l’allégresse de la danse, cette transe qui vous allège de tous vos mots dans le plaisir du mouvement conjoint de la musique (autrui) et vous (avec les autres). La question est là : l’amour et pour qui. C’est cet amour et « pour qui » qui est la clé de la solution : le féminin ne s’y exprimera pas de la même manière que le masculin… cet amour s’en faisant la jonction. La satisfaction est en la corrélation.

L’inter-adaptabilité des sexes passe par ce qu’on nomme « amour », mais cela peut-être le désir d’autrui, c’est tout comme, dans une variabilité de l’intensité du vécu… et je n’en serai pas le juge. Personne ne parle de cette inter-adaptabilité des sexes comme LA source physiologique de l’amour, sinon Michel Odent. La spécificité des transes selon chacun des sexes permet cette jonction des plaisirs qui les augmente en un sens commun dont l’altitude ne demande pas de mesure. C’est le don de soi comme absolu qui en est le mètre et le ressenti réciproque s’égaye comme le souffle d’Éole se joue de ces graines de pissenlit dispersées dans l’espace. Cette inter-adaptabilité des sexes présente des particularités dont je me réserve de parler une autre fois.

Patriarcat : démission de l’empathie

Le régal passe par le don-participation, la communion. Il faut se donner totalement pour que le partenaire jouisse au mieux. Il faut se donner pour qu’elle jouissent. Telle est la formule. C’est ça la fin du patriarcat. Je vais vous expliquer…

La présente retenue de cette espèce de chose de soi qui ne veut rien lâcher, est le patriarcat. Ce n’est pas facile à comprendre, car il faut avoir vécu et ressenti la qualité de la misère de la pingrerie pour s’en faire une image, somme toute, assez proche. Plusieurs pistes se présentent à nous pour comprendre ce phénomène.

Qu’est-ce qui a pu provoquer ce désir d’être si mesquin chez l’homme (est-ce bien lui qui a inventé la valeur des choses ?) ? Parce que finalement, quoi qu’on en dise, c’est présentement celui qui a le pouvoir comme point d’appui à sa mesquinerie. Qu’est-ce qui a pu provoquer chez l’homme le désir d’être mesquin ? Comme il y a un cristal d’initialisation au début d’une explosion, quelque chose doit avoir provoqué cette catastrophe ; et pire, comment cela a-t-il pu se proroger et par quels moyens ? C’est à cause du caractère d’adaptabilité de la femme que l’homme s’est fourvoyé, car il l’a confondu avec ce qu’il pouvait faire d’elle ; c’est une erreur, trouver du régal à se mettre à la disposition du meilleur de toi pour que tu jouisses du meilleur de toi de sorte qu’elle jouisse de toi en entier qui est alors le meilleur (car intègre) est une disposition. Quand l’homme a l’impression qu’il fait ce qu’il veut de la femme, c’est du patriarcat, car il n’est pas assez intelligent pour intégrer que la position de la femme est aussi de jouir de la vie et qu’il doit bien y avoir un moyen pour le faire, sexuellement, avec le deuxième sexe : l’homme, pour elle.

Je dois avouer à mon lectorat que je ne suis pas capable ce soir de décrire ce que j’ai compris de la relation de la femme à l’homme que l’homme ignore bêtement et sexuellement. L’homme ne peut pas comprendre (je suis un homme) ce que vit la femme de son bord sexuel… et je me demande même si les mots existent dans cette société patriarcale qui puissent décrire ce vécu, selon elle. On ne connait aujourd’hui que le point de vue du mec qui est patriarcal, le point de vue masculin. La difficulté c’est que ce point de vue ne peut être le « contraire » de celui qui voit le monde selon le filtre féminin. Un contraire serait un opposé, or, il s’git d’un complémentaire, enfin… de deux complémentaires, à égale distance l’un de l’autre, toujours.

De plus, si nous ne nous représentons que le contraire de ce que l’homme en voit de la femme (c’est-à-dire, ce qu’il en voit présentement qui est cette disposition dans laquelle est aujourd’hui, à la fois vis-à-vis de lui, de la société, et de la vie en général), nous risquerions de perdre beaucoup d’aspects, de poésie féminines, car, à ne la voir que comme une femme mécontente d’éprouver du désir pour l’homme (en ce cas pour son sexe) c’est la dépraver ; et ce point de vue demande certaines corrections sévères vis-à-vis d’une telle oppression. Oui, la femme est sensible à ses sens et détenir un sens aussi proche du corps que le désir, rend réceptive à ce que son filtre d’amour du moment laisse passer. Bien crû, si l’homme veut profiter de la femme, celle-ci doit jouir de (ou trouver profit à) ce profit. A priori, le caractère absolument complémentaire des deux sexes pourrait, avec l’aisance du mélange d’une cyprine et d’une mouillure, induire à la fois les moments opportuns et à la fois les volontés adéquates pour un tel projet (qui consiste, rappelons-le, en un un accueil et une pénétration de sorte que le frottement conjoint, attentif et envoûtant provoque l’orgasme.

De quoi parle-t-on ? On parle de la jouissance réciproque malgré une différence des sexes : il y a une mesure de tout pour que ce phénomène s’opère. L’affect le plus évident est, bien sûr, l’empathie. Mais, la caractéristique de la fille est l’abandon, il ne peut être autrement, sinon il aura toujours une différence de perception entre le vécu et ce que l’on en vit. La caractéristique (punaise, j’ai cherché deux références de poids sur ce thème et ne les ai pas retrouvées….), c’est l’adaptabilité non pas comme source immédiate de jouissance, mais comme immédiateté-même de cette jouissance. Il faut pour cela une concordance, une harmonie des sens, qui induiront celle des gestes. Lorsque l’homme est jaloux de la jouissance de la femme jusqu’à la torturer, c’est qu’il lui jalouse son pouvoir de transe : d’être là, dans le moment, en toute puissance d’être. Nous en avons une exemplarité dans l’accouchement où loin de la protéger, de lui donner le sentiment de protection qui lui assure celui de la confiance en soi, nous l’éclairons de lumières vives, de bruits idiots et d’anti-odeurs sceptiques pour perturber, détériorer, médicaliser cette transe.

La haine de la transe s’est focalisée sur la femme, bien évidemment parce qu’elle s’y adonne comme de naturel, mais aussi parce que l’homme a perdu la capacité (qui est une qualité !) de se perdre, il ne peut pas se perdre ; il ne veut rien perdre, ni sa maîtrise ni celle qu’il a de l’autre. L’homme déteste la transe car il n’y maîtrise plus rien (alors qu’il est de toutes façons en transe en la refusant, que ce soit temporairement ou épisodiquement dans une crise de névrose ou continuellement dans le psychotisme). L’homme doit ré-apprendre à se perdre, sans contrepartie, sans réciprocité, sans retenue, sans même y penser ! Toute cette satanée d’énergie cérébrale qui gonfle son cerveau à lui demander d’écarter ses barreaux, provient de cette retenue, sans considération pour son environnement. Le sentiment de cloisonnement réfléchit en fausse couleur la liberté qu’il refuse de fondre de la chaleur de ses amours immédiats. Se donner et se perdre revient pour lui à une pseudo « perte de liberté » dont le pendant n’est que cette énergie qu’il refuse de perdre : il vit dans le refus d’un miroir ce qu’il craint de vivre en vrai. Il emprisonne, il enclot. Mais, il faut le dire, c’est le phénomène même de la cuirasse caractérielle ! dont la femme est dotée en correspondance, mais cette fois-ci, en contraire à ce que devrait être le non-patriarcat, alors qu’il demeure sous ses formes les plus charnelles : l’adaptabilité est une matière malléable, comme tout autre affect.

Tout cela dans le but de déniaiser le type : le sexe existe (et sous deux formes) qui cherche à se réunir (et selon deux formes) dans la prédisposition positive de jouir l’un de l’autre. S’il en est autrement, hébé, il faut réfléchir et pour réfléchir, il faut arrêter de travailler, et comme on arrêtera de travailler on cessera tout autant de perdurer le patriarcat sous cet aspect : le travail…. ce qui nous laissera du temps pour le vaste champ du reste qui doit être en proportion superficielle aussi intéressant ! On peut discuter, oui, mais cela n’apportera pas grand chose : il faut pratiquer le coït pour en connaitre la valeur… et je pèse le mot : la VALEUR, ce qui manque à tous et qu’on retrouve dans les objets.

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Il y a indubitablement un intérêt à savoir ou connaître le moment de l’institution de la valeur objectale, comme antagoniste, ennemie même, de la valeur fluide.

Selon moi, il y a donc deux valeurs : la fluide et l’objectale (ou minéralisée). L’objectale se reflète dans les objets jusqu’à leur donner une âme qui en fait des fétiches : ce qui était directement vécu, c’est changé en une représentation. La valeur fluide, en fait, n’existe pas : elle vit le cours de ses événements, sans contrepartie, sans réciprocité, sans retenue, sans même y penser ! en pure perte, mais comme émotion, aussi.

Comme actualité, aujourd’hui on s’entiche pour de « l’intelligence artificielle », c’est-à-dire : minéralisée (donc, totalement dépourvue de l’aptitude à l’émotion !), et on voudrait résoudre des problèmes humains, organiques, avec cette sorte d’outil ?

C’est son contenu (le vécu immédiat) qui en donne la consistance, sa qualité et sa quantité ne fait que confirme cette qualité ; dans la valeur minéralisée, le contenu contient la valeur sous forme de quantité et c’est cette quantité qui en donne la qualité. Ici nous avons un mouvement, là un minéral. Donc, à quel moment et pour quel prétexte la qualité de la valeur s’est-elle changer en quantité ?

Les conditions matérielles peuvent être décrites : pas de frigo, pas de radio, par de nucléaire, pas d’avion, de moteur à énergie fossile, on peut se demander s’il y avait un désir d’exploiter quelque chose… Si cela s’est passé peu après ce désir d’exploiter autrui,… pour quel profit « autoritaire » ? On fait fausse route.

Une allée se montre dans cette hypothèse selon laquelle ce serait un coup porté à l’adaptabilité féminine qui produit une telle altération que le ressenti masculin aurait demandé une retenue. À poser chacune de ces positions sur le plateau de l’équité, le fléau restera vertical. Si on demande un point d’origine à cette affaire, ce n’est pas de cette manière qu’il faut procéder : il doit y avoir un gagnant et il doit y avoir un perdant. Mais, précisément, cette notion de « perdant-gagnant » n’est-elle pas une spécificité du patriarcat, auquel cas, la donnée de base est imparfaite : s’il manque l’une, il manque l’autre. Or la perte n’est considéré dans le patriarcat que selon le côté de la femme (à moins d’une apparence), alors que c’est elle qui prend la majorité des coups. Ce serait donc le mec qui serait jaloux de ne pouvoir pas se perdre qui provoquerait cette retenue en tout, par tout et surtout sur tout. Mais cela ne me donne pas le cristal initial : comment, où et quand cela s’est-il passé ?

Nous n’avions alors que :
– la poterie, l’arc et la flèche, l’aiguille et le fil ;
– la confection du pain, du fromage et de la bière ;
– le tissu au moins comme décoration ;
– le jardinage et le bâton fouisseur ;
– pas d’araire ni autre charrue ;
– pas de traction animale et
– l’élevage des animaux.

Moi, j’ai pensé qu’il y a eu le mouvement conjoint de deux événements
– la mise en enclos d’animaux et d’abord femelles ;
– la mise en enclos d’animaux.

Lassé de voir « ses » animaux se faire la malle, le gugus’ a imaginé une solution qui consistait à les enfermer dans un enclos. a) Bien sûr comme il ne s’agissait que de profiter de la fertilité des femelles, il n’a d’abord été enfermées que des femelles. Mais on a constaté subitement qu’elles ne mettaient plus bas (où est le profit ?). On s’est demandé pourquoi… Un mouvement fortuit ? une décision ? quoiqu’il en soit, un mâle s’est retrouvé dans le parc des femelles… et cinq mois plus tard, on a bien constaté qu’Éole n’y avait été pour rien : il y a une cause à l’effet : le mâle a dû monter la femme pour qu’elle soit grosse…. [on n’avait pas pensé alors que les femelles pouvaient désirer le mâle, en souligné du plaisir]. Mais, en plus, b) il a PU imaginer le fait de construire un enclos et de sursoir à la liberté (de ne l’avoir pas à ; de me dire que je suis libre de l’être ; de me soustraire à l’avis de l’autre ; d’avoir perdu l’empathie contre son gré – on peut peut-être pensé qu’il avait tellement faim que le déplaisir de n’avoir rien à se mettre sous la dent, lui avait tressé l’idée de les empêcher de s’enfuir –; de le construire. Alors qu’alors l’homme était libre de se déplacer selon son bon vouloir (ce qui ne soustrait pas une certaine obligation qui suit celle de suivre le cours du mouvement et conséquemment son côté éphémère)) et, tout à coup, une chaîne s’est matérialisée dans la sédentarité. Cyniquement, on pourrait dire qu’on se rit de la sédentarité en riant d’elle.

C’est le fait de se savoir prisonnier de l’endroit dont on se sent tributaire qui vous rend coupable de la perte de votre propre liberté. Ce fait permet, inductivement, de vous permettre d’enclore « votre » bétail. L’idée est là.

Est-ce à ce moment où l’homme a vendu sa liberté pour de la sédentarité (on comprend qu’il s’agit ici d’une identité d’étude) qu’il a aussi inventé l’esclave initiale : la femme ? Le reste se dévidant à mesure que la pelote roule. Et donc, on est aujourd’hui et c’est c’est de lui dont il faut s’occuper. L’inversion des valeurs est celle-ci : « Il faut trouver la jonction (qui n’est pas véritablement importante) entre la vertu et l’absence de prise de risque (ce n’est pas véritablement important, parce qu’on peut se passer de cette connaissance pour modifier le présent) ». Mais je suis un homme beaucoup plus terre à terre : qu’est-ce qui a été modifié dans l’érotisme entre le paléolithique et le néolithique. L’érotisme c’est la relation entre deux personnes dont le résultat est l’excitation sexuelle reconnue et dont l’acceptation reste quelque fois à discuter.

C’est quoi l’autre et comment peut-on en jouir sans attenter à sa liberté ? En tous les cas, nous en possédons tous les moyens, dont l’amour. Dans ceux qu’on mettrait en commun, certains sans doutes trouveraient quelque part ou ailleurs une correspondance : grégaire, l’humain l’est et ne peut l’être pas.

Ce dont je parlais précédemment, c’était la relation entre les murs et l’encloisonnement. C’est quoi une sédentarisation ? C’est la construction d’une « maison » : qu’elle soit ronde verte ou en contre-bas, elle est immobile et donne l’aspect du pérenne parce qu’elle a des murs et les murs, c’est dur.

[J’ai tellement envie de bonheur que je serais de près prêt à croire en dieu si je le rencontrais] Bon, ce n’est pas parce que je ne le rencontre pas qu’il n’existe pas, je suis d’accord, mais alors… quid de dieu ? Quand je lisais les Grecs, petit, je me demandais pourquoi ils ne pensaient pas à répondre à leur question par l’existence, par le simple fait d’exister… pourquoi chercher plus loin ? Eux, ce plus loin, ça leur plaisait, mais moi ça me barbait sérieux : c’est tellement plus facile (maintenant je m’en rend compte) de jouir que ne de n’en rien faire, de l’existence. Je vais pas en faire un plat.

Je vois bien que je n’apporte pas de réponse à ma question : saurais-je un jour décrire la naissance du malheur humain ? Pour le moins, je tourne bien autour. Je n’apporte pas non plus de solution à savoir ce qu’il faut faire, sinon que quelques bribes d’idées que j’ai éparpillées ici et là dans cette longue étude sur le patriarcat. La toute première est la culture de l’empathie : cet affect doit devenir un arbre aussi gigantesque que la gaine de séquoia… qui pousse en forêt, en chacun de nous et selon soi. Quand elle est malade, on doit apprendre à soigner l’empathie, comme on soigne un bobo. C’est un changement de paradigme qui peut s’opérer en deux ou trois générations si on s’y prend dès avant la naissance, et pour la mère et pour le nouveau-né : comme on change de laine, on ne tricote pas le même pull. Si, en trois générations, 90 % des prisons ont été fermées, c’est que le plan est le bon !

Le patriarcat et la mésempathie : 2 – le sbire et le larbin comme séparation

Quelque soit la couleur de la peau, le comportement sexuel, le sexe, le summum de l’importance pour le sbire ou le larbin est la « pureté ». Le sbire voudra tout en uniforme, le larbin se confondra avec la parfaite concordance à ce qui a été établi par une entité supérieure, l’uniformisation. Attention, cela peut être blanc, noir, ou gris, ou brun : c’est la seule notion de PUR qui importe pour ces gens-là, sbire ou larbin, à laquelle ils se doivent de correspondre pour s’y retrouver (bon… c’est « tautologique, comme dirait Marx du travail, mais c’est une réalité : il leur faut cette image de pur pour souligner la pureté de leurs actes, c’est-à-dire : de ne pas se toucher le gland ou la vulve, tant pour le sbire que pour le larbin, à moins de quelques dissonances qu’on pourrait nommer « pornographiques »), sinon la colère leur monte à la tête et ils se justifient alors de ne pas correspondre à ce à quoi ils ne peuvent pas correspondre par la brutalité envers ce qu’ils ont identifié identique à leur connerie. Ce sont des gens qui se crispent au max parce qu’ils ne peuvent pas admettre qu’ils se trompent sur eux-mêmes. J’y vois encore une preuve à ma thèse selon laquelle plus on ne peut pas l’avoir raide et moins on peut bander, et moins on peut en jouir du plaisir, de sorte que tout ce qui vous montre le plaisir de ce vivre que vous n’acquerrez pas, vous saute à la figure, et intolérant à ce fait qui émane pourtant de vous-mêmes, vous ne pouvez en admettre la présence en autrui qui ne soit pas comme vous : mou. C’est dure de l’avoir molle quand on a face à soi une qui peut à volonté amoureuse devenir effroyablement dure. C’est in-to-lé-ra-ble. Aussi, il ne nous reste plus qu’une solution : tuer, maltraiter, violer, écraser, emprisonner, qui à la matraque, l’autre à coups de lois, l’existence.

Évoquer les dissemblances entre le sbire et le larbin suscite la demande d’en distinguer les contours. J’avais pensé à vous faciliter la tâche en faisant des tableaux ayant en abscisse, une coordonnée, et en axis, une intensité, mais je suis vraiment trop fainéant : je n’ai pas pu… et puis n’y aurait-il pas un surfait dans une telle présentation ? En tout cas, je n’en ai pas fait. Alors, on va procéder à autre chose.

Il s’agit de quoi : il s’agit d’entrevoir un monde qui aurait dépassé le stade patriarcal de la société humaine. Écoutez… si vous ne considérez pas que j’y participe, je comprendrai que vous n’éprouvez pas de plaisir à parcourir ces lignes. Mais, en fait, ce n’est pas grave : je ne changerai pas à moi tout seul le monde, je le sais, et je ne prétends pas détenir la vérité. On ne pourra pas non plus dire que je n’écrits pas par plaisir (ce qui est d’après moi, l’essentiel) et que je ne prouverai pas, par moi-même, ce que j’affirme et désire. Je veux dire : il est évident pour moi que si vous m’approuvez (si vous approuvez que la sexualité satisfaisante est un critère de qualité de la vie qui a été trop longtemps omis et qu’il faut lui donner la vigueur nécessaire pour une déploiement optimal) ma manière de faire (alors que j’ai le droit humain de pouvoir le faire, de me parfaire dans la manière de m’exprimer (et qui ne me permet pas, hélas, de pouvoir toujours me faire entendre)), tout cela ne prend sur moi de devoir supporter toutes ces injonctions, et partant, de me suicider : j’ai le droit de vivre et d’exister, comme tout un chacun (de près comme de loin, cette tolérance doit être « tolérante », sinon elle n’est rien)).

La complexité de loin décelable d’une différence entre un sbire et un larbin, s’évapore à mesure de la chaleur que nous avons de ne vivre plus des mirages. Et de toutes façons, ce n’est qu’une question de forme qu’ils adoptent dans la violence. Le sbire est de cette forme directe et immédiate : l’arme à l’état matériel ; le larbin vous cassera beaucoup plus les couilles et plus longtemps. L’un la chienlit ce sera les coups, l’autre c’est qu’il vous usera à la longue. En conséquence, le reniement à la vie sera différent : le larbin aura renoncé à la vie par la tête, et le sbire par la queue. Leur abord n’utilise pas la même carte. Comme je l’ai dis tout à l’heure, j’aurais bien voulu faire un tableau de leur correspondance (ou leur différence suivant le remplissage du verre), mais j’y ai renoncé, ma pensée ayant adopté un certain pessimisme sur les solutions que je pouvais apporter à l’humanité : elle est trop diverses pour correspondre à tout le monde. Malgré cette unilatéralité, j’attends aussi que tout le monde me corresponde, car je fais parti de la diversité, et même si j’étais le seul, je prouverais par moi-même l’existence de ce bonheur : la diversité. Ce n’est donc pas un sujet aussi complexe qu’il le parait : le double est une source de joie aux communs dieux pareille, car il est formé de deux uniques.

Je sais bien que j’ai un langage peu accessible, car il demande des efforts tels qu’aucun flic ne pourrait le comprendre. Cela répond à ma paranoïa qui repose sur le fait que je suis continuellement fliqué par la publicité, les flics et les quoi d’autres ??? Je m’aperçois tout à coup que je ne m’en étais jamais aperçu : si j’écrits de manière si complexe, c’est parce que les flics sont fainéants ? Non… ils ne sont pas « fainéants » : ils sont rigides, rigidifiés par le rigide et ce qui est le plus rigide selon eux, c’est le rêve de leur queue qui bande de désir pour la femme qu’ils aiment. Pour palier au trac, ils ont la matrique. Je sais qu’un jour ils vont me baiser la gueule, seulement parce qu’il ne me comprennent pas, qu’ils z’entravent que tchic à c’que j’bave. Vous savez… c’est comme dans le livre ôtant d’un air de fiction le gars qui lit un roman révolutionnaire et, de l’avoir lu, tombe dans le camp adverse. Panique abord ! Parce qu’ils ne me comprennent pas, j’ai quelque fois l’impression qu’ils vont me crucifier ! T’imagine? la crucifixion ? Ils en seraient capables, les bougres, le sbire avec son marteau et le larbin avec sa bénédiction ! Hegel a théorisé le maître et l’esclave, étant chacun le pan d’une vallée ; moi, j’ai théorisé sur le sbire et le larbin, comme chacun la calamité de cette vallée (la droite la gauche, comme ils disent). Dans le contexte actuel, cela peut s’indigéner, mais… je n’arrive pas à me défaire de cette maladie qui me fait voir comme tout observé et un brin voyeur à la fois. Et, surtout, c’est que je ne sais pas où j’ai chopé cette manie : culpabiliser de manière pré-antalgique. C’est aussi une idée complexe, mais ne vous fiez pas… elle n’est encore pas si complexe que ça ! C’est quoi le problème ? J’ai peur des flics, des beaux-penseurs, de ceux qui ne vont rien comprendre (ça… c’est bête), j’ai peur de leur prison. J’ai été emprisonné deux semaines, en semi liberté 12/12. Puis j’ai passé une nuit en garde-à-vue, c’est quasiment dégueulasse, une autre fois pareil ; et je connais leur pouvoir.

Mais prétendre que j’écris de cette manière parce que les flics sont cons, c’est un peu faible, non ? Non, j’écris parce que je jouis d’écrire, je jubile à la bonne idée, j’éclate de rire au bon mot, j’aime naviguer entre les rochers, avec ou à l’encontre du courant, avec le vent et mon amusement. Mais j’essaye aussi d’être sérieux, de dire des choses profondes à hauteur d’eau de dix centimètres pour ne pas ME noyer, non… j’écris parce que j’aime écrire, matérialiser mes idées sur un support en me servant de l’écriture, parce que j’y prends plaisir, aussi. Ô combien jalousé-je la puissance d’Isidore Ducasse ! Combien aurais-je (selon ce que j’en ai compris, mais je n’en suis pas si sûr) voulu de filles m’enlacer de leur chaleur à la fois !

J’ai l’impression de soulever une telle charge émotive chez le sbire comme chez le larbin, que je me demande de quelle manière ils vont s’y prendre pour me la retourner, compressée à dix pour un, de sorte que j’en meurs écrasé. Ils ne savent pas que je soulève en eux une telle charge… ils ont perdu leurs émotions, comme peuvent-ils s’en rendre compte ? Comme il faut des sons au mot, il faut des émotions aux charges (dès qu’elles existent, les émotions ont une charge, sinon on ne s’en apercevrait pas). Et avoir une charge sans émotions, sans mots, c’est de la dynamite écervelée. Il se crée une transe où la raison n’a plus de maître ou de dieu et on est à la merci de toutes leurs transgressions. Ils ne comprennent pas leur charge émotive, mais ils savent et sentent qu’elle demande à bouger, à frétiller, peut-être même à baiser. C’est difficilement tolérable, car alors on serait obligé de remettre en cause sa propre dépendance à la liberté muselée. Et conquérir cette liberté « libre » pour la conquérir, l’avoir sous ses mains, palpitante comme un cœur de dragon, impliquerait que vous renonciez totalement au mode de vie que vous aviez jusque là adopté. Je conçois que la décision est difficile à prendre, elle contient comme quelque chose d’irrémédiable en elle. Il faut savoir que la fin de l’aventure est décevante, mais que l’aventure, elle, elle est passionnante.